L’aéroport international José-Marti à La Havane, le 3 avril 2025.

Les autorités cubaines ont informé les compagnies aériennes desservant le pays que l’avitaillement en kérosène serait suspendu pour un mois à partir de lundi 9 février, minuit, en raison de la crise énergétique, selon un Notam (message publié par les agences gouvernementales de contrôle de la navigation aérienne).

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Le message émis par les autorités cubaines à l’intention des pilotes et des contrôleurs aériens ajoute que la pénurie de kérosène affecte tous les aéroports internationaux de Cuba. « CARBURANT JET A1 NON DISPONIBLE (carburant pour réacteurs A1 non disponible) », précise le message tel qu’il apparaît dans la base de données de l’administration fédérale de l’aviation américaine (FAA).

« L’aviation civile cubaine a notifié à toutes les compagnies qu’il n’y aurait plus d’avitaillement en JetFuel, le carburant aérien, à partir du mardi 10 février à minuit » (6 heures à Paris), a dit sous couvert d’anonymat un responsable d’une compagnie aérienne européenne à l’Agence France-Presse (AFP).

« Situation critique »

Ce dernier a expliqué que la mesure était annoncée, pour l’heure, pour une période d’un mois et qu’elle allait contraindre les compagnies aériennes effectuant des vols long-courriers à effectuer une « escale technique » sur les vols retour pour assurer leur ravitaillement en kérosène. Les vols régionaux devraient pouvoir poursuivre leurs liaisons normalement, a-t-il avancé.

Contactée, la compagnie Air France à La Havane a répondu que sa liaison était maintenue avec une escale technique prévue dans un autre pays des Caraïbes.

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« La situation à Cuba est en effet critique », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point presse quotidien. « Les méthodes asphyxiantes des Etats-Unis causent beaucoup de difficultés pour le pays », a-t-il déploré en ajoutant que la Russie est en discussion avec les autorités cubaines pour apporter son assistance.

Cuba est confrontée à une très sévère crise énergétique après la fin de l’approvisionnement en pétrole par le Venezuela, sous pression américaine, et les menaces de Washington de frapper de droits de douane les pays lui vendant du pétrole.

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Le gouvernement cubain a annoncé vendredi une batterie de mesures d’urgence, dont la semaine de quatre jours et la pratique du télétravail dans les administrations et les entreprises d’Etat, ainsi que des restrictions des ventes de carburant, pour faire face à la crise énergétique.

Réduction des services de bus et de trains

La réduction des services de bus et de trains entre provinces ainsi que la fermeture de certains établissements touristiques ont également été annoncées. En matière d’éducation, les journées de cours seront plus courtes et les universités fonctionneront sous forme semi-présentielle.

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Ces mesures doivent permettre d’économiser du carburant pour favoriser « la production de nourriture et la production d’électricité » et permettre « la sauvegarde des activités fondamentales qui génèrent des devises », a déclaré le vice-premier ministre, Oscar Pérez-Oliva Fraga à la télévision d’Etat.

Après avoir tari les livraisons depuis le Venezuela à la suite de la capture du président Nicolas Maduro au début de janvier, Donald Trump a signé la semaine dernière un décret précisant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane. Il a, par ailleurs, assuré que le Mexique, qui fournit Cuba en pétrole depuis 2023, allait cesser de le faire.

Pour justifier sa politique, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 kilomètres des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine. La Havane accuse Donald Trump de vouloir « asphyxier » l’économie de l’île, où les coupures d’électricité et les pénuries de carburant, déjà récurrentes ces dernières années, se sont encore accentuées.

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Le Monde avec AFP

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