
Après le départ anticipé de Pierre Moscovici, qui a quitté la présidence de la Cour des comptes le 1er janvier, Emmanuel Macron a choisi Amélie de Montchalin pour lui succéder, a appris Le Monde, lundi 9 février, confirmant une information du Figaro. Sa nomination doit être officialisée mercredi en conseil des ministres. Elle deviendrait alors la première femme à présider cette institution.
Amélie de Montchalin devrait être remplacée lors d’un remaniement gouvernemental qui devrait avoir lieu d’ici au 22 février, a fait savoir Sébastien Lecornu dans un entretien paru samedi dans la presse quotidienne régionale.
Elle récupérera les rênes de cette institution plus que bicentenaire à un moment crucial, alors que la France peine à redresser la barre après plusieurs années de dérapage budgétaire, dans un contexte politique extrêmement instable qui ne facilite pas l’adoption du budget du pays. Son mandat sera irrévocable, seulement borné par une limite d’âge théorique, fixée à 68 ans.
L’actuelle ministre des comptes publics est entrée en politique dans le sillage d’Emmanuel Macron. Elle est devenue députée de l’Essonne en 2017, quelques semaines après l’arrivée de M. Macron à l’Elysée. Amélie de Montchalin entre ensuite dans le gouvernement d’Edouard Philippe, en 2019, en devenant secrétaire d’Etat chargée des affaires européennes. Elle résiste au départ du chef du gouvernement en étant nommée ministre de la transformation de la fonction publique en juillet 2020 dans le gouvernement de Jean Castex.
Défaite aux législatives en 2022
Après la réélection d’Emmanuel Macron, en 2022, elle est nommée ministre de la transition écologique dans l’équipe d’Elisabeth Borne. Mais sa défaite aux élections législatives en juin 2022 face au socialiste Jérôme Guedj provoque son départ du gouvernement. Diplômée de HEC et de Harvard, passée par le secteur bancaire (BNP Paribas) et l’assurance (Axa), Amélie de Montchalin avait été choisie par Emmanuel Macron pour être la représentante permanente de la France auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Amélie de Montchalin revient ensuite en grâce dans la Macronie à la faveur de l’instabilité politique qui suit la dissolution de l’Assemblée nationale. Elle est rappelée au gouvernement par François Bayrou en tant que ministre de l’action et des comptes publics, conservant son portefeuille ministériel à l’arrivée de Sébastien Lecornu à Matignon. C’est elle qui a orchestré les réunions avec les groupes parlementaires sur les budgets de l’Etat et de la Sécurité sociale et qui a représenté le gouvernement sur les bancs de l’Assemblée nationale au cours des rudes discussions budgétaires.
Le gouvernement est parvenu à faire adopter par le Parlement le budget de la « Sécu », mais le premier ministre a dû se résoudre à l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le projet de loi de finances.
Si elle a jugé ce texte « imparfait » à l’issue des discussions, Mme de Montchalin a estimé que ce budget pour l’année 2026 – qui prévoit un déficit à 5 % du PIB – était « un texte utile pour les Français, car il permet de sortir du climat d’incertitude qui s’est installé depuis quelques mois ». Mais elle-même avait rappelé ces derniers jours l’importance de revenir au plus vite sous les 3 % pour rentrer dans les règles de l’Union européenne. « Ce doit être au plus tard (en) 2029 », a-t-elle estimé ces derniers jours.


