Politique Éditrice 0 2022-10-03

L’ancienne compagne de Julien Bayou a officiellement saisi, lundi 3 octobre, la cellule d’enquête d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) contre les violences faites aux femmes et souhaite être entendue « sous certaines conditions assurant la sécurité des témoignages », a-t-elle fait savoir dans un communiqué diffusé par son avocate.

Se disant « contrainte et forcée par le tempo médiatique qu’on lui a imposé dernièrement au mépris de sa santé mentale », l’ancienne compagne de Julien Bayou s’exprime pour la première fois sur le fond de l’affaire. Elle dit avoir saisi la cellule d’EELV « pour récupérer sa parole, parole totalement confisquée dernièrement – essentiellement par des hommes et leurs complices – au mépris de son existence », ajoute le communiqué de Me Elodie Tuaillon-Hibon.

Julien Bayou a démissionné lundi dernier de son poste de secrétaire national d’EELV après des accusations de violences psychologiques envers son ancienne compagne, qu’il conteste. Aucune plainte n’a été déposée ni aucune enquête judiciaire ouverte.

« Une campagne interne et externe misogyne »

Après un article de Libération révélant, vendredi, que, depuis trois ans, Julien Bayou vivait sous la pression d’un collectif féministe informel qui lui reprochait sa conduite et enquêtait sur ses relations avec les femmes, la direction d’EELV a réaffirmé sa confiance dans la cellule interne du parti. La cellule « n’a pas estimé qu’il y avait lieu de suspendre de manière conservatoire Julien Bayou et elle poursuit son travail et ses auditions », a précisé, samedi, EELV.

L’ancienne compagne de Julien Bayou « tient à préciser que ses idées suicidaires et son passage à l’acte ne sont en aucun cas liés à l’action de militantes féministes mais à des comportements qui seraient toxiques, contraires aux valeurs du féminisme, censé être au cœur des valeurs d’EELV, susceptibles de mettre en danger la santé morale ou physique, et à la culpabilité qu’elle a ressentie d’avoir pu servir de “caution” malgré elle », ajoute le communiqué de son avocate.

« Ma cliente n’a pas adhéré à EELV en pensant adhérer à un “club de rencontres”. Elle a adhéré à ce parti parce qu’il avait fait des choix politiques qu’elle estimait (alors) novateurs et courageux sur certains sujets et qu’elle avait une expertise à apporter », ajoute l’avocate.

« Elle déplore une campagne interne et externe misogyne, psychophobe et validiste, indigne de personnes qui se disent progressistes. »