Culture Éditrice 0 2022-09-23

Pousser les portes, élargir les horizons du bandonéon, cet accordéon emblématique du tango. Sans en faire une obsession, c’est ce à quoi aspire le compositeur et bandonéoniste Juanjo Mosalini. Très perceptible à travers son parcours, ses multiples collaborations (entre autres avec le guitariste Vicente Bögeholz, le contrebassiste de jazz Olivier Sens, le pianiste Gerardo Jerez Le Cam, le guitariste Tomas Gubitsch, Gotan Project, de grands orchestres classiques et puis aussi Toots Thielemans, Mino Cinelu, Catherine Lara, Julien Clerc…), ce vœu résonne encore dans Entre pliegues. Un nouvel album qu’il présentera, dimanche 25 septembre, au Théâtre de la Ville-Espace Cardin, à Paris, entouré d’invités présents sur cet enregistrement où ses propres compositions côtoient celles d’autres compositeurs.

Son père, Juan José Mosalini, sera son seul et unique professeur de bandonéon, à partir de 16 ans

Juanjo Mosalini a de qui tenir. Son père Juan José Mosalini, formidable musicien et compositeur, avait déjà poussé pas mal de portes. Référence dans le monde du tango et celui du bandonéon, le maestro est décédé à 78 ans des suites d’un cancer le 27 mai. Fuyant, comme d’autres musiciens d’Argentine, la répression de la dictature, il s’était installé en France en 1977. Il y a mené la suite de sa carrière et révélé ses talents de pédagogue à l’Ecole nationale de musique de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), dirigée par le compositeur Bernard Cavanna qui, à la fin des années 1980, l’incite à y créer, avec le bandonéoniste Cesar Stroscio, une classe de bandonéon. « La première en Europe », nous rappelle Juanjo Mosalini. Son père sera son seul et unique professeur de bandonéon, à partir de 16 ans, après qu’il a quitté Buenos Aires, sa ville de naissance en 1972, pour le rejoindre en France.

Juanjo Mosalini est devenu lui-même par la suite enseignant, puis directeur du département de tango au conservatoire Edgar-Varèse, à Gennevilliers. « J’avais arrangé deux thèmes pour qu’on les joue ensemble sur Entre pliegues, poursuit le musicien. Nous n’avons pu en mettre qu’un, Cancion para un hijo, qu’il avait composé pour moi quand j’étais gamin. Ce sont ses dernières notes enregistrées… », se souvient, la voix émue, Mosalini junior, dans la salle 206 du conservatoire, où il donne habituellement ses cours.

« Un moment charnel »

D’« entre les plis » (entre pliegues) du bandonéon s’échappent parfois des souvenirs. Empoignant l’instrument posé à ses pieds, Juanjo Mosalini étire le soufflet et revient à cette anecdote qu’il aime raconter. Au cours d’un de ses voyages en Argentine, dit-il, il avait confié quelques jours son instrument à son grand-père, bandonéoniste devenu ébéniste après un accident à la main, pour qu’il le répare.

Il vous reste 42.76% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.