Culture Éditrice 0 2022-09-23
  • Orchestre national de Cannes
    Croisette

    Extraits d’opérettes des Années folles par divers chanteurs, Orchestre national de Cannes, Benjamin Levy (direction).

Festif, parfois déjanté, ce programme n’en est pas moins finement conçu. Les ensembles vocaux (du duo au septuor) en constituent l’armature, et les morceaux strictement instrumentaux (ouvertures) offrent des pauses bienvenues dans un pot-pourri « rétro » où l’on chante à qui mieux mieux. Si Moïse Simons et Maurice Yvain s’y taillent la part du lion, Reynaldo Hahn et André Messager ne font pas de la figuration. Il en va de même pour la plupart des chanteurs (le ténor Philippe Talbot, les sopranos Marion Tassou et Amel Brahim-Djelloul), qui sont loin de pâtir de la comparaison avec les stars Laurent Naouri et Patricia Petibon, lesquels en font parfois un peu trop (les gloussements de « Sous les palétuviers »). Une erreur de casting est cependant à noter : le rôle d’Eva, confié à une mezzo-soprano (Pauline Sabatier, estimable dans d’autres airs) qui alourdit cruellement le « Non, non, jamais les hommes » de Ta bouche (Yvain), destiné à une virevoltante soprano. A la tête d’un épatant Orchestre national de Cannes, Benjamin Levy est, en revanche, le chef qu’il fallait pour distiller l’ivresse promise par ces tubes des Années folles. Comme il le faisait jadis au sein de la compagnie Les Brigands. Pierre Gervasoni

1 CD Erato/Warner Classics.

  • Marina Viotti, Les Talens lyriques, Christophe Rousset
    A Tribute to Pauline Viardot

    Airs d’opéras de Gluck, Bellini, Massenet, Halévy, Rossini, Donizetti, Gounod, Berlioz, Saint-Saëns. Avec Marina Viotti (mezzo), Les Talens lyriques, Christophe Rousset (direction).

Cet hommage rendu à l’une des plus grandes chanteuses de l’histoire lyrique, créatrice de nombreux rôles du répertoire, également compositrice et femme de lettres, éclaire l’aura d’une voix exceptionnelle à laquelle la mezzo-soprano Marina Viotti prête son timbre chaud et ses graves puissants, de même que son tempérament éminemment dramatique. Le premier album de la chanteuse suisse, initiée au jazz, gospel et metal, révèle un art de la ligne, une longueur de souffle et un abattage technique qui esbaudissent l’auditeur. De la Juliette des Capulet et les Montaigu, de Bellini, à la Rachel de La Juive, d’Halévy, de la Rosine libérée de Rossini à la Didon tragique des Troyens, de Berlioz, en passant par la Sapho de Gounod et la Dalila de Saint-Saëns : pas moins de dix plages étourdissantes, auxquelles s’ajoutent deux ouvertures orchestrales qui témoignent de la vivacité, du lyrisme et de l’élégance de Christophe Rousset à la tête de ses Talens lyriques, dont le répertoire s’est élargi avec bonheur depuis ses débuts baroques il y a juste trente ans. Marie-Aude Roux

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