Culture Éditrice 0 2022-09-22

Le danseur et chorégraphe Mehdi Kerkouche continuera-t-il à appeler tout le monde « chaton » lorsqu’il prendra ses fonctions de directeur du Centre chorégraphique national (CCN) de Créteil, le 1er janvier 2023 ? Il assure, en riant, que « oui ». On le croit aisément tant son ton franc et direct est naturellement chaleureux.

Qu’on le croise en 2020 dans les couloirs du Palais Garnier, à Paris, où il a créé le spectacle Et si, pour le Ballet de l’Opéra national de Paris, ou dans le Grand Foyer de Chaillot, en 2022, où il pilotait pour la première fois en public la troisième édition de son festival numérique On danse chez vous !, Mehdi Kerkouche, 36 ans, reste le même : souriant, à fond. Alors que le chorégraphe, qui a bâti sa trajectoire à la télévision, au cinéma et sur les plateaux des comédies musicales, répète sa troisième pièce, Portrait, qui ouvrira le festival Suresnes cités danse, le 6 janvier 2023, il déborde d’enthousiasme à l’idée de diriger un CCN.

« J’ai fondé ma troupe EMKA récemment, en 2017, mais ça fait vingt ans que je danse et réponds à des commandes, précise-t-il. C’est le bon moment pour m’implanter dans un lieu et faire évoluer mon travail sans courir après des studios de répétitions. » Il prévient dans la foulée : « Je suis un hyperactif depuis toujours et on ne va pas m’enfermer non plus. Je vais continuer à répondre à des projets parallèles. Rester libre, faire rayonner la compagnie sur tous les fronts enrichit mon expérience. »

Un projet « non-frontières »

Mehdi Kerkouche a été nommé par Rima Abdul-Malak, la ministre de la culture, en accord avec Olivier Capitanio, président du conseil départemental du Val-de-Marne, Laurent Cathala, maire socialiste de Créteil, et Patrick Penot, président du Centre chorégraphique national, pour succéder à Mourad Merzouki à la tête du CCN de Créteil. Son projet, intitulé Créer, rassembler, partager, se fonde sur une ouverture la plus large possible à tous les styles et genres. « Il est non-frontières », souligne-t-il. Il veut soutenir avec précision et détermination les jeunes artistes dans leur démarche créatrice, leur structuration et leur diffusion.

Mehdi Kerkouche, chorégraphe : « Je connais le mot “galère” et je sais ce que c’est que de chercher des soutiens lorsqu’on démarre »

« Je connais le mot “galère” et je sais ce que c’est que de chercher des soutiens lorsqu’on démarre, dit-il. J’ai toqué aux portes de nombreuses institutions et lorsqu’on ne parle pas le même langage, ça peut être compliqué. Je parle comme eux et ça devrait les aider. » Dans cet élan, il va ouvrir un studio numérique pour y produire des vidéos maison. « C’est un outil qui est devenu majeur pour développer son travail », affirme-t-il. Non sans raison. Il s’est fait connaître grâce à l’énorme succès de ses vidéos pendant le premier confinement en mars et avril 2020. Ses cours quotidiens « depuis [s]es 30 mètres carrés parisiens », puis la première édition de #ondansechezvous, sur Instagram, qui avait récolté 15 000 euros destinés à la Fondation Hôpitaux de Paris, avaient été salués par un coup de fil de Brigitte Macron, puis d’Aurélie Dupont, alors directrice de la danse à l’Opéra national de Paris.

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