Culture Éditrice 0 2022-08-08

HISTOIRE – DIMANCHE 7 AOÛT À 20 H 50 – DOCUMENTAIRE

Les documentaires sur des batailles de la seconde guerre mondiale sont si nombreux que l’on croit avoir fait le tour de la question. Mais si les sanglants événements survenus sur le sol européen ont été vus et revus, d’autres, beaucoup plus lointains, restent méconnus du public français. Ce documentaire britannique, tourné en Nouvelle-Guinée, mêlant habilement archives filmées, témoignages d’anciens soldats australiens et japonais, et voyage, des décennies plus tard, sur ces lieux de souffrance, dans un décor paradisiaque qui fut transformé en enfer, vaut le détour.

Il est consacré aux combats qui, de juillet à décembre 1942, ont opposé, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, les troupes australiennes, aidées par les Papous, à l’armée japonaise, alors en pleine phase d’expansion. Un épisode resté ancré dans la mémoire collective australienne, mais peu connu en France.

L’expérimenté réalisateur Patrick Lindsay connaît parfaitement ce chapitre sanglant. Il en a écrit des livres et, pour ce documentaire ambitieux, n’hésite pas à se mettre en scène sur les lieux des combats (jungle, collines, marais) qu’il arpente depuis une trentaine d’années. Ses explications précises permettent de comprendre comment le courage et le sacrifice de quelques centaines de soldats australiens, très jeunes pour la plupart, face à un adversaire dix fois supérieur en nombre, ont permis de sauver l’Australie d’une probable invasion japonaise.

Témoignages poignants

Si Port Moresby, capitale de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, île située au nord de l’Australie, tombait, rien n’aurait empêché la puissante armée nippone d’organiser l’attaque finale sur le sol australien. En novembre 1942, après des mois de combats éprouvants, les troupes japonaises n’étaient qu’à 35 kilomètres de Port Moresby. Elles n’iront pas plus loin.

Les témoignages recueillis sont poignants. Face à la caméra, des nonagénaires à la mémoire encore vive se rappellent les conditions atroces : pluie incessante, boue, malaria, dysenterie. Et « les moustiques, qui nous dévoraient vivants ». Des témoignages rendus encore plus troublants par les images tournées au cœur des combats par le correspondant de guerre Damien Parer (1912-1944), auteur d’un documentaire d’une dizaine de minutes (Kokoda Front Line ! ), qui devint le premier film australien a obtenir un Oscar en 1943.

D’embuscades en actes d’héroïsme, on plonge dans l’enfer. Et l’on découvre comment l’aide des porteurs papous, surnommés « les anges aux cheveux crépus » par leurs camarades australiens, a permis de sauver de nombreux blessés et d’apporter des provisions vitales dans un environnement si hostile. En six mois de combats, 2 000 Australiens ont perdu la vie, beaucoup très jeunes. Côté japonais, les pertes, énormes, se montent à 13 000 hommes.

Kokoda jamais vaincus !, documentaire de Patrick Lindsay (RU, 2017, 90 min).