Evoluant sans chaussures sur la moquette de la boutique Knoll, boulevard Saint-Germain, à Paris, Willo Perron fait la démonstration du fauteuil qu’il a signé pour l’éditeur de mobilier américain. Il passe ses jambes par-dessus l’accoudoir et s’installe dans la largeur. « Essayez, essayez, vous verrez comme on est bien ! », invite le Franco-Canadien en s’enfonçant dans les profondeurs de l’assise faite d’oreillers empilés, « à la manière d’un jeu d’enfant ».

Ne pas s’arrêter à ce flegme naturel, à cette « aisance nonchalante », comme le dit Jonathan Olivares, ancien vice-­président senior du design et consultant créatif pour Knoll depuis 2025 : derrière cette affabilité en chaussettes et un français teinté d’un léger accent québécois, débité d’un ton doux, se cache l’un des designers et directeurs artistiques les plus influents du moment.

A 51 ans, Willo Perron est un hyperactif tranquille prisé par les plus grands noms de la pop culture mondiale, les fabricants de mobilier établis mais aussi les marques de streetwear et les maisons de luxe. La mi-temps du Super Bowl 2023, mettant en scène une Rihanna enceinte et vêtue de rouge descendant du ciel sur une plateforme, la scénographie de la tournée mondiale « Cowboy Carter » de Beyoncé, la Ferrari volant au-dessus du public pendant les concerts du rappeur Drake ? C’est lui.

La rampe-podium en double C ou le ruban noir de 4 mètres de large s’enroulant sous la verrière du Grand Palais pour les défilés haute couture de Chanel en 2025 ? Lui encore. L’esthétique des boutiques du label de streetwear Stüssy, l’agencement épuré des points de vente de Skims, la ligne de lingerie de Kim Kardashian ou la structure tout en reflets du salon de design parisien Matter and Shape l’an dernier ? Toujours lui. Une liste loin d’être exhaustive…

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