La Croix-Rouge facilite l’échange d’un millier de corps chaque mois entre Kiev et Moscou
De retour d’Ukraine, Pierre Krähenbühl, le directeur général du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a présenté, jeudi, à Genève l’action de l’organisation qu’il dirige. Il a déclaré avoir été « particulièrement frappé » lors de sa visite dans ce pays par « l’ampleur et la portée des conséquences lorsque [des] moyens militaires sont déployés entre Etats ».
Ainsi, a-t-il dit, « chaque mois, le CICR participe au rapatriement d’un millier de corps en moyenne, entre les camps russe et ukrainien ». « Nous facilitons ce processus en tant qu’intermédiaire neutre », a-t-il précisé.
Les échanges de prisonniers et de corps sont le seul résultat concret de plusieurs cycles de pourparlers directs entre Kiev et Moscou organisés depuis 2025 sous la pression de Washington.
M. Krähenbühl a expliqué avoir visité, côté ukrainien, certaines des institutions médico-légales que le CICR soutient dans le pays. Selon le haut responsable du CICR, « des milliers et des milliers de corps non identifiés y sont conservés, et le personnel s’efforce, chaque jour, de les identifier, puis d’apporter des réponses à des familles qui sont profondément angoissées ». « Nous n’avons pas vu de tels chiffres, à une telle échelle, dans les conflits de ces dernières années », a-t-il affirmé.
Il a également rappelé que beaucoup de ces corps sont ceux de soldats, « ce qui est différent de nombreux autres conflits », où les civils paient un tribut plus élevé. « C’est un élément très frappant », selon lui.


