
Victor Wembanyama revient à Nanterre, son club formateur. La star française des San Antonio Spurs ne quitte par la NBA pour retrouver les parquets du championnat de France, mais « Wemby » a annoncé, lundi 2 mars, devenir actionnaire minoritaire de son club formateur avec lequel il est resté très proche. « J’ai envie d’avoir un impact sur le basket français, et à Nanterre, parce que c’est là que je me sens chez moi, tout simplement », a-t-il déclaré dans un entretien croisé à L’Equipe avec Frédéric Donnadieu, le président du club altoséquanais et son premier entraîneur au Nanterre 92 – en catégorie U11.
En janvier 2025, de passage à Paris pour disputer deux matchs délocalisés de la grande ligue nord-américaine de basket, Victor Wembanyama et les Spurs s’étaient entraînés dans la salle de Nanterre. « J’ai l’impression que deux univers se rencontrent, et pour le moment, ça “matche” bien. Je ne peux pas croire que je reviens ici avec une équipe NBA », avait déclaré le phénomène tricolore. Voilà désormais l’« Alien », son surnom, investi dans son club formateur aux couleurs vertes, où il a évolué de 2013 à 2021.
Le gigantesque (2,24 m) intérieur de 22 ans estime qu’investir dans son ancienne équipe « s’est fait naturellement », en discutant avec Frédéric Donnadieu. « On avait tous les deux des projets, une envie. Avant tout, je suis né en France, j’y ai grandi. (…) Je veux grandir avec Nanterre, faire grandir le club. » Un projet ambitieux, alors que l’écosystème du basket européen – et son économie – pourrait être bousculé prochainement avec l’arrivée de la NBA Europe. La ligue ayant clairement placé Paris parmi ses villes cibles pour accueillir une franchise de sa version européenne.
« Les projets sont à Nanterre. Je ne sais pas à quoi ressemblera la sphère du basket européen, même dans cinq ans, a insisté Victor Wembanyama. J’ai envie que Nanterre soit au plus haut niveau. Mais ça passe par plein de petites étapes, pour construire quelque chose de grand à long terme. » Le club des Hauts-de-Seine, sacré champion de France en 2013 après n’avoir rallié la première division qu’en 2011 – il s’appelait alors la Jeunesse sportive des Fontenelles (JSF) de Nanterre – en sait quelque chose.
« Nanterre est un club différent, une perle rare »
Premier choix de la draft 2023, cette sorte de grande bourse aux jeunes joueurs n’évoluant pas encore en NBA, le premier contrat dans la ligue nord-américaine aura rapporté au natif du Chesnay (Yvelines), 55 millions de dollars (47,2 millions d’euros) après ses quatre premières saisons – il dispute actuellement la troisième. Victor Wembanyama sera ensuite éligible à une extension faramineuse, un contrat de cinq ans pour 253 millions de dollars (217 millions d’euros).
« La question n’est pas financière, a insisté le vice-champion olympique de Paris 2024 avec les Bleus au sujet de son investissement à Nanterre – dont le montant n’a pas été rendu public. La réalité, c’est que ni la vie du club, ni la mienne ne vont changer du jour au lendemain avec cette implication. En revanche, ce n’est pas artificiel, même pas business. C’est avant tout affectif. » Dans le quotidien sportif, Victor Wembanyama, qui a évolué à l’Asvel puis à Boulogne-Levallois après avoir quitté son équipe formatrice, rend hommage à Nanterre, « un club différent, une perle rare, comme les gens qu’[il y a] rencontrés. Une combinaison de haut niveau sportif comme relationnel, d’expertise aussi ». Le joueur français devient le premier actionnaire de l’histoire de Nanterre, qui n’était encore qu’une association en 2013 avant de devenir une Société à actions simplifiée (SAS).


