
Le Parti socialiste (PS) a déclaré nocives les alliances avec La France insoumise (LFI), la droite a argué de l’efficacité de l’union de la droite et du centre dans les villes moyennes, le Rassemblement national (RN) a déploré que l’absence d’alliance avec la droite traditionnelle ait pu faire gagner la gauche : depuis le second tour, le 22 mars, les élections municipales ont donné lieu à des récits politiques concurrents, projetant les résultats vers l’élection présidentielle de 2027.
Au-delà des discours des partis, trois phénomènes se dégagent de ces élections : d’abord le fait que les listes de fusion avec LFI achoppent souvent sur une forme de barrage. Antoine Prévotat, doctorant en économie à l’université de Saint-Etienne, Théo Delemazure, chercheur en informatique à l’université d’Amsterdam, et Jérôme Lang, directeur de recherche en informatique au CNRS, ont examiné ensemble les reports de voix après la fusion des listes de gauche dans l’entre-deux-tours, avec les données électorales au niveau du bureau de vote. Statistiquement, les scores importants des candidats LFI au premier tour sont corrélés à une moindre dynamique des listes de fusion qui en sont issues au second tour. Cela ne veut pas dire que la présence de LFI est la cause de ces sous-performances, mais c’est une régularité statistique qui a de quoi alimenter à l’avenir les discussions des bureaux nationaux du PS.
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