De sa mère, il ne savait rien. Elle est morte en 1957, Michel Bey avait 5 ans. Il en garde si peu de souvenirs. Le septuagénaire revoit cette sortie avec elle au Jardin d’acclimatation, dans le bois de Boulogne, à Paris. Leur voisin de Courbevoie, un certain M. Rossignol, conduisait le petit train du parc d’attractions, il leur avait offert l’entrée. Michel et sa mère avaient fait la balade sur la rivière enchantée, assis côte à côte dans la barque, le long du cours d’eau sinuant au milieu de quelques plantes et touffes d’herbe.

Elle avait des cheveux foncés tirés en arrière, une veste sombre, le visage fermé ; lui était habillé de blanc, bien peigné, tout sourire. Il tenait sa mère par le bras. Le cliché pris pour chaque client juste avant l’arrivée confirme son souvenir d’enfant, il lui a été envoyé par un membre de sa famille il y a quelques mois.

Parfois, des réminiscences arrivent comme des flashs. Michel Bey prend de temps en temps un des bus parisiens qui traverse le Louvre, il aime voir la Pyramide par la vitre, le quartier du Palais-Royal s’approcher et, à ce moment-là, à chaque fois, c’est comme s’il sentait sa mère assise à ses côtés. Sinon, rien de plus précis. Qui était-elle, quelle a été sa vie ? Aucune idée. La sœur de son père, qui l’a élevé pendant plusieurs années, ne voulait pas parler d’elle. Elle lui a juste asséné un jour de son adolescence que, si sa mère avait vécu, elle serait allée en prison. Il n’a plus posé de questions.

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