
Le bilan de l’attaque de vendredi contre l’hôpital universitaire d’El-Daein, au Soudan, dans l’est du Darfour, est passé de 64 à 70 morts, a déclaré, mardi 24 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), déplorant une attaque « contre la possibilité même de survivre ». Selon l’OMS, 146 personnes ont également été blessées.
Une ONG soudanaise basée à Khartoum en a fait porter la responsabilité à l’armée soudanaise, l’Agence France-Presse n’étant pas en mesure de vérifier cette affirmation.
C’est « une attaque atroce », a réagi Hala Khudari, représentante adjointe de l’OMS au Soudan et responsable des urgences sanitaires de l’agence de l’ONU dans le pays. Elle a précisé que l’on comptait parmi les morts sept femmes, 13 enfants, un médecin et deux infirmières.
« L’hôpital a subi de graves dégâts, notamment au niveau des services de consultation externe et des urgences », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Genève, de Port-Soudan. « Depuis cette dernière attaque, l’hôpital n’est plus opérationnel », après avoir « déjà été endommagé lors d’une précédente attaque en août 2024 », a-t-elle dit.
Onze millions de déplacés
C’était le centre de soins pour plus de deux millions de personnes dans la ville d’El-Daein et quelque neuf localités de l’Etat du Darfour-Est. La population devra désormais parcourir 160 kilomètres pour parvenir à l’hôpital le plus proche, a souligné Mme Khudari.
« Une attaque contre un hôpital n’est pas une attaque contre un simple bâtiment. C’est une attaque contre les personnes qui cherchent à se faire soigner, contre les professionnels de santé qui risquent leur vie pour sauver celle des autres, et contre la possibilité même de survivre en temps de crise », a-t-elle également déploré.
Mme Khudari a regretté que le financement de l’intervention sanitaire de l’OMS au Soudan pour 2026 n’était actuellement assuré qu’à hauteur de 5,7 %.
L’ONG Emergency Lawyers, un groupe indépendant qui documente le conflit soudanais opposant l’armée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), a déclaré qu’un drone de l’armée avait frappé l’hôpital universitaire d’El-Daein.
Près de trois ans de guerre au Soudan ont fait plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé plus de 11 millions de personnes, provoquant ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.


