La fratrie Jacob : Denise, Simone, Madeleine et Jean, vers 1930.

Trois voix familières, celles d’Isabelle Huppert, de Marina Foïs et de Dominique Reymond, se livrent à un échange tissé de mots affectueux – « ma chère Denisette », « tendres baisers », « ta petite sœur chérie ». Les trois actrices disent des extraits de lettres que se sont envoyées à différents moments de leur vie les sœurs Jacob, Madeleine dite « Milou », l’aînée, née en 1923, Denise, la deuxième, née deux ans plus tard, et Simone, la petite dernière, née en 1927. Isabelle Huppert est « Milou », Dominique Reymond Denise, Marina Foïs incarne Simone. Les visages des deux dernières, filmés en gros plan, se font face sur deux grands écrans, alors qu’une vue de mer agitée d’un faible clapot accompagne, sur un écran latéral, les mots d’Isabelle Huppert – Madeleine Jacob. Cette dernière, qui avait survécu à la déportation, est morte en 1952, à 29 ans, dans un accident de voiture, avec son fils âgé de 1 an.

Ce dispositif audiovisuel est l’un des moments forts de l’exposition « Simone Veil. Mes sœurs et moi », présentée au Mémorial de la Shoah, à Paris. Il aimante le visiteur, ému autant par les propos que par l’intensité des comédiennes à les porter. Un autre double écran capte l’attention : sur l’un, on voit converser Simone Veil et Denise Vernay, nées Jacob, devenues de vieilles dames, leurs visages filmés de profil, si semblables dans leur beauté. Elles réagissent, chacune avec ses propres souvenirs, à des photos remontant leur vie, dans un documentaire réalisé par David Teboul.

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