Plusieurs services de renseignement européens ont alerté le public, depuis le mois de février 2026, sur une vaste campagne d’espionnage menée par des acteurs étatiques russes cherchant à prendre le contrôle de comptes sur les messageries chiffrées Signal et WhatsApp.
Sur Signal, des utilisateurs, dont plusieurs journalistes du Monde, ont ainsi reçu ces dernières semaines un message se faisant passer pour le support technique de l’application. Ce message affirme qu’une « activité suspecte » a été découverte sur l’appareil de l’utilisateur, ainsi que des tentatives d’accès frauduleux, invitant la victime à passer une « procédure de vérification » et à fournir un « code de vérification ». Cette tentative d’hameçonnage s’achève sur l’avertissement « Ne parlez du code à personne, pas même à des employés de Signal. »
L’objectif de l’attaquant est alors de tenter de se connecter à Signal avec le numéro de sa cible. Il lui fait communiquer le code de vérification nécessaire pour relier un nouvel appareil au compte, ainsi qu’un code PIN si celui-ci a activé cette sécurité supplémentaire.
Si la victime fournit ces éléments, le pirate peut alors connecter son compte Signal à son ordinateur ou son téléphone et ainsi obtenir le carnet d’adresses de la cible ou se faire passer pour elle. Il ne peut en revanche pas voir l’historique des messages. Une autre méthode repérée par les autorités européennes peut toutefois permettre à l’attaquant d’obtenir un historique des messages envoyés. Elle consiste à faire scanner un QR code par la victime pour relier son compte Signal à un nouvel appareil.
La Russie pointée du doigt
La première alerte sur cette campagne a été donnée le 6 février par les renseignements intérieurs allemands et l’agence fédérale de sécurité informatique, équivalent allemand de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information française. A l’époque, les autorités estimaient « probable » que des acteurs étatiques se cachent derrière cette campagne d’espionnage, en raison de la sensibilité des personnes ciblées : « Des personnes haut placées dans le domaine, politique et diplomatique, ainsi que des journalistes d’investigation en Allemagne et en Europe. »
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