Donald Trump a toujours professé le plus grand mépris envers ses prédécesseurs. Il est donc absolument certain que le président des Etats-Unis s’est bien gardé de savoir ce que ces derniers ont pu écrire ou dire par le passé à propos de l’Iran, le pays qu’il a décidé d’attaquer le 28 février avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Il a eu tort, même s’il est désormais trop tard pour réparer cette erreur.

Manifestement convaincu que le régime iranien n’était, somme toute, qu’une version orientalisante de celui de Nicolas Maduro au Venezuela, Donald Trump a en effet pensé que lui appliquer le même traitement – concentration de forces, intervention massive – produirait un résultat similaire immédiat. Qu’il s’agisse d’une reddition en rase campagne du régime ou de son renversement, les conséquences seraient identiques : la fin des programmes nucléaire et balistique iraniens et celle des milices inféodées à Téhéran. Le triomphe était assuré.

La tournure de la guerre a pris à découvert le président des Etats-Unis. Au point de tenter de relancer, dans le fracas des bombardements, des négociations qui, pour le régime iranien, ont été à deux reprises le prélude à des frappes massives et à l’élimination d’une partie de ses cadres, dont le Guide suprême, Ali Khamenei. On peut imaginer plus motivant. Près d’un mois après le début de cette guerre choisie, justifiée par une menace imminente dont le renseignement américain s’est montré incapable d’apporter la preuve, la dynamique lourde qui reste en place est celle de l’escalade.

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Ce qui triomphe est une logique circulaire : les représailles de l’agressé justifiant a posteriori l’agression, il faut donc persister. La présence de troupes au sol – les boots on the ground –, longtemps restée une ligne rouge absolue à Washington, n’est qu’une question de temps, selon ce raisonnement. Ces troupes sont d’ailleurs en route.

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