Lettre de licenciement en main, Dimitri (les prénoms ont été modifiés), 39 ans, et Metin, 51 ans, sont venus rendre leur badge à l’accueil du site Forvia de Messei (Orne), ce mercredi 25 février, rompant leur dernier lien avec l’usine où ils ont œuvré pendant près de dix ans. Sur un cercueil dressé devant l’entrée, on peut lire : « Site de Messei 1937-2026 » et quelques dates-clés.
Ce site fut celui de l’immense usine de munitions Luchaire, puis il s’est diversifié dans l’automobile et les conteneurs maritimes, avant de se spécialiser dans les pots d’échappement. Devenu ECIA, filiale de PSA, il a fusionné en 1998 avec le fabricant de sièges automobile Bertrand Faure, pour former Faurecia. Le désengagement de PSA et le rachat de l’allemand Hella ont finalement abouti, en 2022, à la création de Forvia. Et au lourd endettement du groupe, qui a perdu 2,1 milliards d’euros en 2025, après quatre exercices déficitaires depuis 2020.
Un vaste plan de restructuration a décidé de la fermeture de Messei. Les 109 salariés seront licenciés d’ici à la fin de l’année. « Nos dirigeants nous ont menés en bateau, alors que ça fait un moment qu’ils savaient que ça allait fermer », regrette Dimitri. Ici, la désindustrialisation n’est pas un concept : pour eux comme pour les habitants, c’est à la fois leur histoire et leur quotidien.
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