Image extraite du film d’animation « Scarlet et l’éternité », de Mamoru Hosoda.

L’AVIS DU « MONDE » – ON PEUT ÉVITER

Dans le nouveau conte animé de Mamoru Hosoda, le shakespearien Hamlet qui vengeait la mort de son père, roi assassiné par son propre frère, Claudius, est devenu Scarlet. Ici, la belliqueuse princesse échoue dans son entreprise de vengeance et, empoisonnée, se retrouve prisonnière du monde des morts. L’héroïne devra dès lors tout faire pour échapper au néant et faire en sorte que sa vie ait compté.

Lire l’entretien avec Mamoru Hosoda (en 2016) : Article réservé à nos abonnés Mamoru Hosoda : « Si le monde est cynique, je veux d’autant plus montrer sa richesse »

Un purgatoire où se retrouve aussi enfermé pendant presque deux heures le spectateur, témoin de ce pénible voyage vers le pardon. Le cinéaste de 58 ans, qui se fit une place dans l’animation japonaise avec Summer Wars (2010) ou encore Le Garçon et la Bête (2016), aime jouer sur des récits qui font onduler et s’entrouvrir le voile entre réel et imaginaire. Dans son royaume des morts, les frontières sont totalement brouillées, comme dans un coma ou une folie fiévreuse peuplée de personnages partiellement convaincants.

Les rencontres que fait Scarlet, y compris celles vouées à infléchir sa destinée, sont, pour la grande majorité, superficielles. Certes, dans cette dimension, on croise plus le fer qu’on ne s’échange de mots mais ses adversaires, qui manquent de consistance, changent d’avis et d’itinéraire sans difficulté. Des figurants qui rappellent les « personnages non joueurs » d’un jeu vidéo.

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