Sur la dette, Rachida Dati et l’opposition municipale brandissent systématiquement ce montant de « 12 milliards » mais c’est un nombre approximatif qui ne recouvre aucune réalité comptable. Dans ses documents budgétaires, la Ville de Paris prévoit un endettement de 9,7 milliards pour fin 2026 et 9,3 pour fin 2025. L’opposition s’appuie, elle, sur le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) d’Ile-de-France de juillet 2025 qui estime qu’il faut intégrer aux estimations de la Ville la dette issue des « loyers capitalisés ». Il s’agit d’un système un peu complexe, légal et en vigueur de 2016 à 2022, qui permettait le mécanisme suivant : la Ville achète un immeuble pour en faire du logement social et confie sa gestion à un bailleur, qui va récupérer les loyers ; au lieu de les transmettre chaque année à la Ville, le bailleur verse en avance des décennies de loyers et la Ville les enregistre en « recettes de fonctionnement ».
La CRC a estimé que « si la dette issue de la comptabilisation des loyers capitalisés ne porte pas d’intérêts et n’a pas vocation, sauf accident, à être remboursée, elle devrait toutefois être retracée dans l’annexe du compte administratif relative à la dette ». « Ainsi corrigé, l’encours de dette [est] porté à 10,6 milliards d’euros » fin 2024, soit 2 milliards de plus que ce que la Ville avait annoncé pour la même date.

