Sur la nationale 288, aucun panneau n’indique l’entrée de Futaba. Seule l’apparition de villas cossues signale au visiteur son arrivée dans la petite ville du nord-est du Japon, meurtrie par la catastrophe nucléaire de Fukushima, en 2011. De lourdes barrières métalliques interdisent l’accès à ces maisons vides aux façades mangées par le lierre et aux jardins embroussaillés. Chacun est libre de longer la zone, de s’y arrêter pour regarder, mais personne ne peut y entrer. L’ensemble du quartier se trouve dans une « zone de retour difficile », c’est-à-dire dont les niveaux de contamination radioactive dépassent 50 millisieverts par an – la dose maximale admise en France est de 1 millisievert par an.
Si la décontamination se poursuit comme prévu, ce bloc d’habitations devrait être accessible en avril 2027. Tel est le plan du gouvernement japonais, bien décidé à redonner à Futaba, comme à l’ensemble des municipalités évacuées au moment de la catastrophe nucléaire, une apparence de normalité, voire à effacer, déplorent certains, les traces d’un drame désormais vieux de quinze ans. Pour autant, les retours ne se font qu’au compte-gouttes.
Le 11 mars 2011, un puissant séisme et un tsunami dévastaient le nord-est du Japon, faisant 20 000 morts et disparus. La catastrophe touche de plein fouet la centrale numéro un de Fukushima, sise à Futaba. Trois réacteurs fondent. D’énormes quantités de substances radioactives sont libérées dans l’atmosphère. Le gouvernement ordonne l’évacuation des populations. D’abord dans un rayon de trois kilomètres, bientôt élargi à dix, vingt et enfin trente kilomètres autour des installations nucléaires.
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