
Le congrès NOxForum, présenté par ses organisateurs comme le premier salon professionnel au monde sur la lutte contre le protoxyde d’azote, s’est ouvert jeudi 26 mars, à Lille, avec l’ambition de « faire émerger des ébauches de solution » face à l’usage détourné de ce gaz comme psychotrope.
Organisé par le réseau associatif Protoside, lui-même basé à Lille, ce congrès, sur deux jours, « est le premier de ce type en France, en Europe et même dans le monde », a affirmé lors d’un point presse sa présidente, Cécile Bossaert, médecin urgentiste au CHU de Lille.
Le protoxyde d’azote est au cœur du projet de loi Ripost, présenté mercredi en conseil des ministres. Il prévoit notamment de faire de l’inhalation de protoxyde d’azote un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 3 750 euros d’amende, et de punir d’au maximum trois ans de prison et 9 000 euros d’amende la conduite sous son emprise.
Pour Guillaume Grzych, président de Protoside, la répression ne peut toutefois aller sans prévention. « S’il n’y a pas de moyens sur la prévention », la consommation de protoxyde d’azote pourra certes baisser dans un premier temps mais finira par remonter, estime-t-il, assurant que c’est la trajectoire qu’ont connue les Pays-Bas en interdisant sa consommation.
« Il n’y a pas que le soin »
Mme Bossaert espère que les échanges permettront de « faire émerger des échanges, des idées, des ébauches de solution », car, a-t-elle souligné, « il n’y a pas que le soin » face à la consommation de protoxyde d’azote, qui se répand notamment chez les jeunes. Initialement destiné à un usage alimentaire, dans les siphons à chantilly, ou médical pour ses propriétés antidouleur, le protoxyde d’azote peut s’acheter en supermarché et sur Internet.
Un usage détourné de ce gaz bon marché s’est répandu ces dernières années dans le milieu festif et parmi des adolescents et des jeunes adultes, qui l’inhalent par le biais d’un ballon de baudruche, après avoir « cracké » la cartouche métallique qui le contient.
Les séquelles, selon le Dr Bossaert, sont notamment des « complications neurologiques », « des troubles cognitifs et de mémoire », des vertiges, des difficultés à marcher, « ainsi que des caillots de sang qui se forment dans les veines ou les artères », pouvant provoquer infarctus, AVC, embolies pulmonaires. La consommation au volant de « proto », aussi surnommé « gaz hilarant », a également provoqué ces derniers mois plusieurs accidents mortels.


