
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, s’est dit lundi 30 mars « très choqué » par les propos racistes tenus sur la chaîne CNews à propos du nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko (La France insoumise, LFI), à qui il a apporté son « soutien ».
« J’ai trouvé ces attaques ignobles (…), nous sommes ici en France, c’est la République française qui reconnaît tous ses enfants quelle que soit leur origine », a déclaré sur RTL M. Nuñez. « Je suis très choqué par ces propos (…) On ne peut pas avoir ce genre de dérapage. C’est inacceptable », a-t-il insisté.
Sur France Inter, la ministre de la culture, Catherine Pégard, a aussi condamné ce lundi « des attaques ignobles, inadmissibles ». « La liberté d’expression ne peut pas aller contre les règles du droit, les règles de la civilité », a-t-elle ajouté en référence à CNews, qui fait de la liberté d’expression son étendard.
« Une France qui intègre »
Vendredi, un débat sur cette chaîne a porté sur les premiers jours du mandat de M. Bagayoko, élu dès le 1er tour des municipales. Est-ce que ce maire « essaie de pousser les limites ? », demande le présentateur. « Sûrement qu’il y a un peu de ça. Maintenant, c’est important de rappeler que l’Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et, par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus –, il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité », a répondu le psychologue Jean Doridot sur le plateau.
« Il n’y a pas une nouvelle France et il n’y a pas non plus une France qui va disparaître (…). Il y a une France qui intègre, qui est une France de cohésion nationale », a également affirmé Laurent Nuñez. Invité au même moment, lundi matin, sur France Inter, Bally Bagayoko a, pour sa part, regretté le manque de soutien au plus haut niveau de l’Etat après ces commentaires racistes : « Ce qui est plus scandaleux, c’est qu’il n’y a aucune condamnation (…) au niveau de l’Elysée, pour porter la grandeur [de] ce qu’est la France, qui a toujours été première de cordée, en fait, contre les propos racistes ».
Le ministre de l’intérieur a concédé que c’était « très compliqué de vivre ensemble en ce moment », en relevant que, au cours de la campagne des élections municipales, il y avait eu « 130 faits judiciarisés », illustration de la tension qui a régné.


