Un détenu dans sa cellule, au centre pénitentiaire de Nanterre-Hauts-de-Seine, le 15 janvier 2026.

Les prisons françaises comptaient 87 126 détenus au 1er mars 2026, un nouveau record dans un contexte de surpopulation carcérale chronique, selon les chiffres officiels de la Chancellerie publiés mardi 31 mars.

Cela représente sur un an une augmentation de près de 5 000 détenus (+ 6,1 %) pour une augmentation de seulement environ un millier du nombre de places disponibles dans les centres pénitentiaires français (+ 1,5 %).

Particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt, où sont détenus les courtes peines ou les personnes en attente de jugement et donc présumées innocentes (168,4 %), le taux de suroccupation globale atteint 137,5 %.

La France figure parmi les très mauvais élèves d’Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire. Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d’une évolution vers un « entrepôt humain ». Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt.

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Crise aiguë dans les régions parisiennes

Symptôme spectaculaire de cette crise et de cette dégradation continue, les matelas qui doivent être posés au sol des cellules faute de places dans les lits : il y en avait 6 875 au 1er mars, soit une hausse spectaculaire de 50 % en un an (4 580).

Le nombre d’établissements où sont incarcérés deux détenus pour une seule place (taux égal ou excédant 200 %) flirte désormais avec la trentaine (29), un chiffre là encore en augmentation. La crise est particulièrement aiguë dans les régions parisiennes (+ 161,3 %) et toulousaine (+ 154,8 %), ainsi qu’en outremer (+ 147,6 %).

Syndicats et professionnels du monde pénitentiaire décrivent régulièrement un système au bord de l’explosion, cette surpopulation s’accompagnant d’un sous-effectif chronique parmi les surveillants et de l’insalubrité de nombreux lieux de détention.

Ils appellent à la mise en place d’un système de régulation carcérale, un ajustement de la population pénitentiaire en limitant les entrées ou en facilitant les sorties pour éviter une surpopulation. Le ministère de la justice compte ouvrir d’ici un an et demi 3 000 places supplémentaires dans des prisons modulaires. Mais seules 4 500 des 15 000 places additionnelles prévues dans un plan lancé en 2018 ont pour le moment été livrées, reconnaissait l’été dernier le ministère de la justice.

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Le Monde avec AFP

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