Au milieu des années 1990, Virginie Ransinan, aujourd’hui âgée de 46 ans, est devenue la correspondante de Katy Wickenhauser, une adolescente de son âge qui vivait près de Munich. « Pendant plusieurs années, nous passions un mois d’été ensemble, chez l’une, puis chez l’autre, se souvient-elle. J’étais fascinée par la liberté des jeunes Allemands. Les relations maître-élève et parent-enfant n’étaient pas du tout les mêmes. Je sentais qu’en Allemagne, on était moins jugé, qu’on pouvait être qui on voulait. » Après le baccalauréat, Virginie Ransinan partira outre-Rhin dans le cadre du programme Erasmus. Elle y restera dix ans.

Des générations de jeunes Français et Allemands se souviennent, comme elle, d’avoir vécu avec le pays voisin des échanges scolaires, culturels ou sportifs. La majorité d’entre eux doivent cette expérience à l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), un organisme créé dans la foulée de la signature du traité de l’Elysée. Ce texte fondateur de la coopération franco-allemande, signé par le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer, le 22 janvier 1963, prévoyait que les deux pays prendraient « des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre des élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande ».

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