Un fragment de drone Shahed iranien, trouvé dans un camp du Parti de la liberté du Kurdistan, sur la route de Dara Shakran, à une trentaine de kilomètres d’Erbil (Irak), le 9 mars 2026.

Depuis que les Etats-Unis et Israël ont lancé leur guerre contre l’Iran, le 28 février, le monde a semblé découvrir l’ampleur de la menace constituée par les drones iraniens.

Jusque-là, c’étaient le programme nucléaire et l’arsenal balistique de la République islamique d’Iran qui concentraient l’attention internationale. Mais les images spectaculaires de drones s’abattant dans le Golfe, notamment sur des hôtels à Dubaï, aux Emirats arabes unis, sont vite devenues virales.

En outre, le tir de ce type de drones a indiqué une dangereuse escalade du conflit, que ce soit lors de la frappe d’une base britannique à Chypre, le 1er mars, ou celle du territoire de l’Azerbaïdjan, quatre jours plus tard.

Il aurait pourtant suffi de comprendre que ces drones Shahed (« martyr » en persan) étaient littéralement des drones kamikazes, développés avec constance et méthode par l’Iran et par la Russie depuis plus d’une décennie. Dès lors, pourquoi la menace des drones iraniens a-t-elle été si longtemps négligée ?

L’incubateur syrien

Le président russe, Vladimir Poutine, et l’ayatollah Ali Khamenei ont décidé, dès 2011, d’apporter un soutien inconditionnel à la dictature syrienne de Bachar Al-Assad, confrontée à une vague de contestation révolutionnaire. Cet engagement conjoint et déterminant de Moscou et de Téhéran s’est intensifié en 2015 avec l’intervention directe de l’aviation russe, souvent en appui de miliciens pro-iraniens, eux-mêmes encadrés par des gardiens de la révolution.

Il vous reste 71.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Leave A Reply

Exit mobile version