
Ces deux derniers mois, quelque 2 900 collaborateurs du groupe pharmaceutique Sanofi, le numéro un français du secteur, ont eu la mauvaise surprise de voir leur salaire raboté de 200 à 900 euros selon les cas. La cause de ces erreurs ? Des failles dans le processus d’externalisation de la gestion de la paie des 20 000 salariés français au prestataire ADP, qui assume cette fonction depuis janvier.
Pour ne rien arranger, « les petits salaires qui travaillent en rotation et en équipe dans les usines ont été davantage impactés », déplore Fabien Mallet, coordinateur CGT chez Sanofi. Pour sa part, la direction fait savoir au Monde que « les écarts constatés s’expliquent principalement par la mise en place progressive des nouveaux processus et par des délais de validation de certains éléments variables ». Cette part dépend notamment des horaires changeants auxquels sont astreints les opérateurs en usine. Elle assure que les personnes lésées font « l’objet d’un traitement prioritaire » et que tout sera mis en œuvre pour « garantir la fiabilité durable du processus de paie ».
Ce transfert de la gestion de la paie chez ADP s’inscrit chez Sanofi dans une stratégie d’externalisation tous azimuts, visant à réduire les coûts. Objectif ? Augmenter la rentabilité du laboratoire, doper le cours de la Bourse par des rachats d’actions et, in fine, mieux servir les actionnaires et cadres dirigeants en dividendes ou en stock-options. « Qu’il s’agisse d’externaliser la recherche et développement ou la distribution de médicaments, la direction nous a servi à chaque fois le même argument : c’est plus flexible et moins cher », détaille Fabien Mallet.
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