L’étiquette de La France insoumise (LFI) représente-t-elle un plafond de verre de nature à empêcher la gauche de gagner ? A un an de la présidentielle, un test grandeur nature attend Jean-Luc Mélenchon à Limoges et à Toulouse pour le second tour des élections municipales. Dans ces anciens bastions de gauche, les deux listes sont conduites par des députés « insoumis », derrière lesquels se sont rangés les candidats socialistes. Sur le papier, en additionnant les voix du premier tour, LFI devrait l’emporter. A Toulouse, les listes de François Piquemal (LFI) et de François Briançon (Parti socialiste, PS) ont totalisé 52,55 % des suffrages. Le duo devance donc le maire de droite sortant, Jean-Luc Moudenc (37,23 %). A Limoges, Damien Maudet (LFI) et Thierry Miguel (PS) ont réuni 41,78 % des voix, de quoi aborder avec optimisme la triangulaire de dimanche qui les opposera au candidat du parti Les Républicains (LR), Guillaume Guérin, arrivé en tête avec 27,34 % des voix, et Albin Freychet du Rassemblement national (RN, 12,54 %).
Sur le terrain, pourtant, l’heure n’est pas à la sérénité. « Il n’y a pas de monde dans lequel La France insoumise gagne Limoges », prédisait, avant le premier tour, le coprésident de Place publique, Raphaël Glucksmann, farouchement opposé aux accords avec LFI. « L’arithmétique, ce n’est pas de la politique », reconnaît la socialiste Gulsen Yildirim, désormais alliée à Damien Maudet et encore sonnée par « le coup de massue » du mauvais score du PS. L’élue au conseil départemental de la Haute-Vienne mise sur la « personnalité » de Damien Maudet, un candidat « pas clivant », « vraiment sur le terrain », pour persuader les électeurs rétifs à l’alliance « insoumise ».
Costume bleu impeccable, l’intéressé est en tournée ce jeudi au Mas Gigou, un quartier pavillonnaire où il faut convaincre. « L’enjeu, c’est de ne pas perdre d’électeurs socialistes, leur dire qu’ils pourront s’y retrouver, car ils auront l’agglomération, et mobiliser ceux qui ne sont pas allés voter », explique-t-il. L’ancien allié de François Ruffin fait campagne sur son programme (plus d’investissements dans les services publics, dans la rénovation des écoles, un meilleur accès à la santé…), « l’union de la gauche », et évite de brandir l’étiquette « insoumise ». Aux maisons coquettes succèdent, plus loin, de modestes habitations mitoyennes, gérées par un bailleur social. Le cœur de l’électorat « insoumis ». Pas besoin de convaincre Kalia, 35 ans, qui vote déjà « Jean-Luc Mélenchon ». Maryline, mère au foyer, un enfant de 2 ans dans les bras, apprécie beaucoup « le programme » de Damien Maudet. Mais, comme beaucoup ici, elle n’a pas voté au premier tour. Cette fois, elle promet d’y aller.
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