Longtemps cantonné à quelques foyers, le chikungunya s’impose aujourd’hui comme l’une des grandes maladies transmises par les moustiques. En vingt ans, les infections annuelles sont passées de quelques centaines à un demi-million de cas. Une avancée majeure change désormais la donne : la vaccination contre le chikungunya est disponible et autorisée en France. Encore faut-il qu’elle soit accessible là où le risque est le plus élevé.

Perçu jusqu’à récemment comme une maladie tropicale lointaine, le chikungunya concerne désormais l’ensemble du territoire français. L’été 2025, près de 700 cas autochtones ont été recensés dans l’Hexagone, conséquence de l’implantation durable du moustique tigre. Cette maladie ne relève plus seulement d’une problématique ultramarine : elle constitue un enjeu national de santé publique.

Dans les territoires français de la Guyane et des Antilles, le risque est d’une autre ampleur. Les conditions climatiques favorables et la présence permanente des moustiques, ainsi que les échanges régionaux intenses, favorisent le développement rapide des épidémies dès que le virus apparaît. L’épidémie de 2014 avait affecté près de la moitié de la population des Antilles en quelques mois, avec des conséquences sanitaires et économiques durables.

Des séquelles invalidantes

Aujourd’hui, plusieurs signaux régionaux inquiètent : réapparition de cas autochtones en Guyane après plus d’une décennie d’absence, forte augmentation des cas au Suriname et circulation active dans plusieurs pays des Caraïbes. L’histoire du chikungunya est connue : lorsque la transmission s’installe, l’épidémie devient explosive.

La maladie tue rarement mais laisse souvent des séquelles invalidantes. Douleurs articulaires prolongées, incapacité de travail et perte d’autonomie touchent durablement une proportion importante de patients. Dans des territoires où les maladies chroniques sont fréquentes et où de nombreux emplois reposent sur l’activité physique, l’impact collectif peut être majeur.

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