Philippe Favier, à Paris, en 2010.

L’artiste français Philippe Favier est mort samedi 7 mars, à 68 ans, dans un accident de la route entre son atelier de Chateaudouble (Drôme) et sa résidence près de Nice. Dessinateur, peintre et graveur, sa singularité absolue faisait de lui une exception précieuse.

Il naît le 12 juin 1957, à Saint-Etienne, de parents merciers. Enfant habitué à jouer seul et à s’inventer des histoires, il fera plus tard de cette habitude sa marque personnelle. Découvrant la littérature au lycée, brièvement photographe, un an infirmier à l’hôpital psychiatrique de sa ville, il entre en 1979 aux Beaux-Arts de Saint-Etienne, où il a pour professeurs les conservateurs Daniel Abadie et Bernard Ceysson ainsi que le peintre Jean-Marc Scanreigh.

D’abord captivé par l’art conceptuel, Philippe Favier s’en écarte vite en allant à l’opposé : de petits dessins au stylo à bille sur papier journal dont il découpe les figures pour les fixer au mur. Ce sont des cavaliers, des soldats, des baigneuses avec leurs parasols et leurs tentes – tous très petits puisque les ensembles, qui peuvent compter des dizaines d’éléments, n’excèdent pas une quinzaine de centimètres. Figuratif, il ne pourrait aller plus loin des tendances dominantes, minimales et conceptuelles, comme de la peinture néo-expressionniste dans laquelle il voit « une lourde manigance ». « Je voulais, résume-t-il en 1985, faire du dérisoire, des sornettes. »

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