Les amateurs des frères Lebrun peuvent se réjouir : rarement un film aura mis autant de cœur à retranscrire des matchs de ping. Sorti en salles depuis le 18 février, le biopic sportif Marty Supreme plonge le spectateur dans l’univers d’un jeune champion américain prêt à tout pour aller disputer le tournoi mondial de 1952 en Asie. Mais à quel point est-il réaliste et fidèle à la réalité historique ?
Un hommage romancé, mais fidèle, à la vie de Reisman
Le film suit Marty Mauser, dit Marty Supreme, vendeur de chaussures et pongiste new-yorkais de 23 ans pétri de talent et d’ambition. Son personnage s’inspire de Marty Reisman, figure du tennis de table américain, qui a bel et bien participé aux mondiaux de tennis de table en 1952, l’année du récit. « Beaucoup de faits sont réels, il y a une part importante de vérité », salue Thomas Bauer, historien du sport à l’université de Limoges.
Comme Reisman, Mauser est Juif, venu d’un milieu modeste, et grandit dans le New York des années 1940. Comme lui, il est hâbleur, doué et truqueur, mais rencontre un adversaire japonais qui ébranle sa confiance. L’amende de la fédération pour son logement dans un hôtel luxueux est également authentique, tout comme sa participation au spectacle des Harlem Globetrotters, même si ces événements s’étalent en réalité sur plusieurs années.
Car le film prend des libertés, et ramasse sa carrière sur un an. La date et le lieu des tournois sont ainsi arrangés (c’est en 1949 qu’il atteint la finale de l’English Open, et qu’il réalise sa meilleure performance aux championnats du monde, une demi-finale). De même, pour des raisons narratives, le tournoi mondial de 1952 se situe au Japon dans la fiction, alors que le vrai s’est déroulé en Inde. Enfin, les romances et l’événement final sont inventés.
Il vous reste 74.26% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


