« La France n’a pas choisi cette guerre. » C’est en des termes similaires à ceux du président Macron lors du conseil de défense du 17 mars que le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie ont opposé une fin de non-recevoir à l’invitation du président Trump à sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, du moins en l’absence d’une « déconfliction » avec l’Iran.
Cette posture est bienvenue après près de trois semaines d’une guerre dépourvue de tout fondement en droit international. Les Etats européens se sont en effet divisés sur ce point de principe dès le début de l’attaque israélo-américaine contre l’Iran, sur des attitudes allant de la dénonciation explicite au soutien ouvert, en passant par une palette de nuances de la complaisance.
« On peut s’opposer à un régime haineux tout en s’opposant à une intervention militaire injustifiée et dangereuse », a sans attendre déclaré le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, en faisant valoir que la position de son pays était « la même que sur l’Ukraine ou Gaza. Non à l’effondrement du droit international qui nous protège tous. Non à la guerre », en justifiant son refus de laisser les Etats-Unis utiliser leurs bases aériennes sur le sol espagnol pour leurs opérations militaires contre l’Iran.
Von der Leyen plus ambiguë encore
La réplique ne s’est pas fait attendre. « Nous ne voulons plus rien avoir à voir avec l’Espagne », a aussitôt rétorqué le président américain, alors qu’il recevait dans le bureau Ovale le chancelier Friedrich Merz, resté muet face à cette mise en cause d’un Etat membre de l’Union européenne (UE). Le chef du gouvernement allemand avait d’ailleurs préparé son déplacement en prévenant qu’il y avait là un « dilemme en droit international » – sur la légalité de la guerre – et que ce n’était « pas le moment de donner des leçons à nos alliés », des propos interprétés comme un éloignement de la posture traditionnellement légaliste de l’Allemagne.
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