Les mots et le ton employés ne sont pas les mêmes mais la finalité est identique : faire barrage à l’extrême droite. Six jours avant le second tour du scrutin municipal, les deux syndicats les plus importants – la CFDT et la CGT – ont diffusé, lundi 16 mars, chacun de leur côté, un communiqué qui exhorte les citoyens à ne pas accorder leur suffrage au Rassemblement national (RN) et aux formations défendant des idées voisines du parti de Jordan Bardella (Union des droites pour la République, Reconquête !). Aucune consigne de vote n’est donnée en faveur d’une force politique en particulier. Il s’agit plus d’un appel à se rendre aux urnes, le 22 mars, pour essayer de contenir l’expansion de cette famille de pensée dans la gestion des affaires communales.

De telles initiatives sont devenues habituelles de la part de ces organisations de salariés, qui dénoncent depuis des années le programme du RN. Elles affichent ainsi leurs « valeurs », selon la formule de la CFDT. Pour la centrale cédétiste, il est impératif de s’opposer à une doctrine dans laquelle « l’exclusion et la préférence nationale » sont placées au centre. La CGT, elle, se montre encore plus incisive en dépeignant l’extrême droite comme « la pire ennemie du monde du travail », avec « son projet violent, raciste, antisémite, sexiste et LGBTQIphobe », qui « représente un danger pour notre démocratie et notre République ». Sans les nommer, la deuxième confédération de France s’adresse aussi aux partis de droite pour les inviter à « refuser toute alliance avec l’extrême droite ».

A distance d’enjeux partisans

L’un des points frappants dans la démarche de la CGT est qu’elle s’abstient de recommander explicitement aux électeurs de voter pour la gauche. Elle se borne à encourager « les travailleuses et les travailleurs » à « faire entendre leurs exigences sociales ». En 2024, lors des législatives anticipées, son attitude avait été différente : elle avait dit deux à reprises – avant le premier et avant le second tour de scrutin – qu’il fallait désigner des candidats du Nouveau Front populaire (NFP), ce qui constituait une rupture par rapport à la ligne qu’elle s’était fixée depuis au moins une vingtaine d’années. Le positionnement qu’elle adopte aujourd’hui semble indiquer qu’elle se met à nouveau à distance d’enjeux partisans. Une forme de retenue pour réaffirmer qu’elle tient à son indépendance et qu’elle ne veut pas être happée dans les querelles intestines au sein de feu le NFP.

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