Ni fusion, ni désistement : à Vierzon (Cher), le second tour des élections municipales se disputera sans front républicain, dans une triangulaire qui pourrait voir basculer ce bastion communiste historique dans l’escarcelle de l’extrême droite et de Yannick Le Roux, soutenu par l’Union des droites pour la République (UDR), Reconquête ! et le Rassemblement national (RN), arrivé largement en tête (41,31 %) du premier tour, dimanche 15 mars.

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Jusqu’aux dernières minutes précédant l’heure butoir du dépôt des listes, mardi soir, l’espoir d’une position commune trouvée entre l’union de la gauche, deuxième à la sortie des urnes (30,40 %), et les centristes (17,52 %) était caressé, le long du canal de Berry. Dès dimanche et les résultats définitifs proclamés, les téléphones ont chauffé et les discussions, parfois par entourages interposés, ont tenté de poser les bases d’une alliance. Vainement.

« A aucun moment, je n’ai senti de volonté de négocier, regrette Maryvonne Roux, figure de proue de l’équipe municipale sortante, propulsée à la tête d’une liste de gauche qu’elle a façonnée sur le tard, début janvier, après le retrait surprise de Corinne Ollivier, l’actuelle maire communiste de Vierzon. Il y a peut-être eu des incompréhensions mais on n’attend pas trente-six heures pour se manifester lorsque nous faisons face à de tels enjeux. »

L’attaque vise Ahmed Taoussi, chef de file de « Vierzon autrement » et adhérent du MoDem, arrivé troisième, dont le refus de se sacrifier dans la perspective du second tour pourrait, par un raisonnement arithmétique rapide, faire le lit de l’extrême droite. Si la prophétie se réalisait à Vierzon dimanche, elle tournerait, aussi, la page d’une gouvernance par la gauche de près de quatre-vingt-dix ans.

« J’ai tendu la main [à Maryvonne Roux] pour examiner la possibilité d’une liste de résistance républicaine fondée sur des engagements clairs pour l’avenir de Vierzon. Cette main tendue n’a pas été saisie, il m’a été demandé un désistement sans engagement à la hauteur du message que vous avez envoyé dans les urnes », réagit l’intéressé, dans un communiqué diffusé à ses soutiens, mardi. « On ne combat pas une impasse politique en la prolongeant », enfonce Ahmed Taoussi. Le signe de postures irréconciliables, alors que les tractations entre les deux camps auraient achoppé sur le nombre de postes demandés par les tenants de « Vierzon autrement », jugés trop gourmand à gauche de l’échiquier local.

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