
A Mayotte, les élections municipales ne provoquent pas le même bouillonnement que lors des précédents scrutins. Dans le 101e département, à 95 % musulman, le mois spirituel du ramadan, très respecté, explique une campagne électorale au ralenti, avec moins de grandes réunions publiques et des opérations de porte-à-porte qui ne débutent qu’en soirée. Toutefois, le scrutin reste très disputé. La préfecture a enregistré 88 listes pour les 17 communes de l’archipel, soit une de plus qu’en 2020. Seulement dix sont conduites par des femmes. L’accès aux postes de pouvoir politique local reste encore trop genré, déplorent de nombreuses associations de femmes mahoraises.
La première question posée par cette élection est de savoir si, après les ravages du cyclone Chido, en décembre 2024 – près de 4 milliards d’euros de dégâts – et une lente reconstruction des équipements publics, une vague de dégagisme va sanctionner les sortants. Les avis sont partagés sur le territoire, où 14 des 17 maires remettent leur mandat en jeu.
Car l’Etat fait figure de principal responsable de ce grand chantier. Les élus locaux plaident de façon récurrente le fait qu’ils ont affronté l’urgence, et ont apporté des réponses à la hauteur de leurs moyens. Beaucoup invoquent des procédures administratives trop tatillonnes qui ralentissement le versement de crédits publics annoncés.
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