Dans plus de 33 000 communes françaises, trois voire quatre ou cinq listes ont réussi à dépasser la barre des 10 % à l’issue du premier tour des municipales qui s’est tenu dimanche 15 mars. Elles peuvent ainsi se maintenir pour le second tour des élections prévu dimanche 22 mars.

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Les candidats concernés ont jusqu’à mardi, 18 heures, pour déposer leur liste en préfecture ou en sous-préfecture afin de confirmer leur présence au second tour. D’ici là, ils doivent donc choisir une stratégie : se maintenir, faire alliance, faire barrage, ou encore se désister pour favoriser la victoire d’une autre liste…

Se maintenir

Tous les candidats et leurs listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages au premier tour peuvent maintenir leur présence, d’après l’article 264 du code électoral. Les deux listes arrivées en tête font généralement le choix de se maintenir. « Elles sont en position de force et peuvent imposer leurs conditions en cas de négociations avec une autre liste », explique Sébastien Michon, directeur de recherche au CNRS et spécialiste des dynamiques des campagnes électorales.

Pour les listes arrivant en troisième, quatrième ou cinquième position, l’opportunité ou non de se maintenir dépend en grande partie de la configuration locale et de la couleur politique. « Pour le Rassemblement national [RN], l’Union des droites pour la République [UDR] et Reconquête !, rester en lice peut être une stratégie payante pour placer des élus dans l’opposition. D’autant que ces listes ont moins de chances de nouer des alliances par rapport à celles de gauche, du centre et de droite », observe le sociologue.

Dans cette logique, le président du RN, Jordan Bardella, a affirmé, à l’issue du premier tour, que les listes du parti qualifiées pour le second tour se maintiendraient, tout en précisant que le RN tendrait « la main aux listes de droite sincère ».

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Quand un candidat est bien implanté localement, il peut aussi faire le choix de se maintenir même si cela va à l’encontre des consignes dictées par le parti au niveau national. « Certains candidats, notamment au Parti socialiste et chez les Républicains, se sentent moins dépendants de l’appareil », note Sébastien Michon.

Le maintien d’une candidature permet d’espérer obtenir quelques sièges au conseil municipal, dans l’opposition, et de conserver de la visibilité en continuant à faire campagne avant le second scrutin.

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A Marseille, la candidate de l’union de la droite et du centre, investie notamment par Renaissance, Martine Vassal – qui a obtenu moins de 13 % au premier tour – avait annoncé dès février qu’elle maintiendrait sa liste, même en cas de quadrangulaire. A Paris, le candidat Horizons et Renaissance, Pierre-Yves Bournazel (11 % au premier tour), et la tête de liste Reconquête !, Sarah Knafo (un peu plus de 10 %), avaient également installé l’idée d’un maintien de leurs candidatures au second tour du scrutin parisien au cours de leur campagne. Mais ils ont tous deux fait l’objet d’un appel au « rassemblement » de la candidate Les Républicains Rachida Dati (25 %).

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Opter pour la fusion de listes

Tous les candidats qualifiés pour le second tour, ainsi que toutes les listes éliminées mais ayant obtenu au moins 5 % des voix au premier tour, peuvent fusionner avec d’autres listes qualifiées pour le second tour. Ces fusions, généralement « programmatiques », se réalisent le plus souvent entre les listes les plus proches idéologiquement afin de maximiser les chances de victoire de leur camp. Les tractations sont d’ailleurs régulièrement anticipées afin de fixer une ligne de conduite en fonction des résultats obtenus par chacune des listes au premier tour.

« Une base programmatique est discutée, avec des accords sur les points essentiels, éventuellement des lignes rouges et, aussi, des postes dans d’autres institutions, comme à la métropole, qui peuvent être promis », explique Sébastien Michon. La répartition des places sur la liste commune est décidée librement entre les « fusionnés », mais elle se fait le plus souvent proportionnellement aux résultats obtenus au premier tour.

Toutefois, ces négociations n’aboutissent pas forcément à des accords. « Il peut y avoir des conflits historiques entre certains leaders politiques locaux qui rendent impossibles les fusions », souligne Sébastien Michon. Par ailleurs, la réussite électorale des fusions n’est pas forcément garantie puisque l’addition des voix de premier tour est loin d’être automatique pour le second.

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Depuis février, La France insoumise (LFI) plaide pour des « fusions techniques » entre les listes « insoumises » et les autres listes de gauche lorsqu’elles sont toutes deux qualifiées au second tour afin d’empêcher la victoire de candidatures de droite ou d’extrême droite. Son leader, Jean-Luc Mélenchon, en avait esquissé le principe lors d’une conférence de presse en février : « On vote ensemble, on est sur la même liste mais nous, on reste nous : on a un groupe autonome [au conseil municipal]. Et, vous, vous restez vous : vous dirigez mais on ne s’engage à rien dans votre direction. »

Après les résultats du premier tour, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a renouvelé ce vœu d’alliance : « Nous tendons la main aux autres listes engagées dans ce scrutin pour permettre, partout où la droite et l’extrême droite menacent, la constitution d’un front antifasciste au second tour. » Ainsi, la candidate « insoumise », Anaïs Belouassa-Cherifi, arrivée troisième à Lyon, a appelé « à discuter autour d’une fusion technique » avec le maire sortant, Grégory Doucet (Les Ecologistes), arrivé légèrement en tête du scrutin.

Dans ce cas, l’accord ne porterait pas sur le contenu des programmes mais uniquement sur la composition de la liste commune : les places y seraient, en principe, réparties proportionnellement aux résultats obtenus par chaque liste au premier tour. En pratique, une telle configuration pourrait néanmoins, en cas de succès, générer des tensions durant la mandature, car la « majorité municipale » n’en serait pas vraiment une, ce qui pourrait compliquer la gouvernance de la commune.

L’option du désistement

Malgré une qualification au second tour, une liste peut choisir de se retirer de la course à la conquête de la municipalité avant le second tour et renoncer ainsi à siéger au futur conseil municipal. Le désistement peut être simple ou s’accompagner d’un soutien explicite à une autre liste en lice, avec une consigne de vote adressée aux électeurs de premier tour – qui sont libres de la suivre ou pas. En contrepartie, la candidature qui se retire peut obtenir quelques engagements de la part du groupe soutenu en cas de victoire. Il s’agit généralement de la reprise de certaines propositions issues de son programme.

Plusieurs expressions comme « barrage républicain », « front républicain » ou « cordon sanitaire », peuvent donner une tonalité plus politique à certains désistements. Historiquement, ces termes sont employés pour justifier un retrait destiné à favoriser la victoire d’une candidature opposée à une liste d’extrême droite.

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Cependant, ces stratégies de barrages politiques pourraient, pour la première fois, viser la gauche, et particulièrement les listes soutenues par LFI. « Certains acteurs politiques défendent depuis plusieurs mois l’idée d’un cordon sanitaire autour de LFI et dressent une symétrie entre ce mouvement et le RN », explique Sébastien Michon. Dans un contexte marqué par des accusations d’antisémitisme contre LFI et des tentatives de lier le parti à la mort de Quentin Deranque, la ministre de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, est allée encore plus loin sur BFM-TV, le 23 février, en appelant Jordan Bardella, à « retirer ses candidats [dès le premier tour] dans les villes où LFI peut gagner ».

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