
La France insoumise (LFI), mise en cause par une grande partie de la classe politique après la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, proposera des accords de « rassemblement » aux autres formations de gauche si elle arrive en tête au premier tour des élections municipales, ont affirmé deux de ses cadres dimanche 22 février.
« Lorsque les “insoumis” arriveront en tête au premier tour, ils proposeront le rassemblement et ils créeront les conditions pour le rassemblement, notamment avec les autres listes de gauche », a déclaré, sur BFM-TV, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale.
Manuel Bompard, coordinateur du mouvement de gauche radicale, a confirmé ce choix sur RTL, en expliquant que cela servirait à « battre la droite et l’extrême droite ». La tradition politique à gauche est que les listes « se rassemblent » plutôt qu’elles se désistent l’une pour l’autre durant l’entre-deux-tours, a-t-il souligné. Il a ajouté que si un autre parti que LFI arrivait en tête au premier tour dans une commune, ce serait à lui « de proposer ou de ne pas proposer le rassemblement ».
Mathilde Panot a estimé que les socialistes n’étaient « pas clairs » sur leur position et que « c’est à eux de répondre à la question ».
Un appel à « clarifier » ses positions
Dans certaines villes, les listes d’union de la gauche pourraient avoir besoin des voix de l’électorat « insoumis » pour l’emporter, comme à Toulouse, Marseille ou Amiens. Le cas de figure où une liste LFI arriverait en tête semble moins fréquent.
Pour le Parti socialiste (PS), la question d’une alliance avec les « insoumis » est épineuse depuis la mise en cause de collaborateurs du député LFI Raphaël Arnault dans l’enquête sur l’agression mortelle du militant d’extrême droite Quentin Deranque.
Le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a exclu tout accord national pour les municipales, mais il admis de « rares » rapprochements possibles si les candidats « insoumis » clarifient « leur position sur le rapport de leur mouvement à la violence politique ». D’autres personnalités de son parti, dont l’ex-président François Hollande ou le député Jérôme Guedj, ont appelé à écarter tout arrangement avec LFI au second tour.
Mathilde Panot a par ailleurs dit dimanche être « fière » de compter Raphaël Arnault dans son groupe et a affirmé qu’il pourrait être réinvesti aux prochaines législatives « s’il le souhaite ».


