
Planètes, le premier long-métrage d’animation de Momoko Seto, est une étonnante odyssée sans humains. Enfin, pas tout à fait. « La seule présence humaine est la destruction de la Terre par une bombe atomique », fait remarquer la cinéaste, dans son bureau du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à la Maison des sciences de l’homme, à Paris, mi-février. Cette catastrophe, au début du film, qui contraint les héros, quatre akènes de pissenlit, à l’exil. Le périple migratoire dans la galaxie de ces quatre graines pour trouver un nouveau foyer n’est pas étranger à l’itinéraire de Momoko Seto, installée en France depuis plus de vingt-cinq ans. Elle est venue étudier en 2000 aux Beaux-Arts de Marseille après un bac décroché au lycée français international de Tokyo.
Dans Planètes, il n’est pas question de coloniser mais de s’enraciner ; les akènes ne pourront s’implanter qu’à condition de trouver une terre accueillante. « C’est parce qu’elles sont graines qu’on peut parler du sol. On évoque souvent la pollution de l’air, de l’eau, de la forêt, mais moins celle du sol », note-t-elle. C’est d’ailleurs à ras de ce sol, au plus près de la faune et de la flore, que sont capturées les séquences de cette fable postapocalyptique naturaliste.
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