Human Rights Watch accuse Israël d’utiliser « illégalement » du phosphore blanc au Liban

L’organisation Human Rights Watch (HRW) a accusé lundi Israël d’avoir utilisé « illégalement » du phosphore blanc sur des zones résidentielles peuplées dans le sud du Liban mardi, juste après la reprise du conflit entre Israël et le mouvement islamiste Hezbollah.

« L’armée israélienne a illégalement utilisé des munitions au phosphore blanc tirées à l’artillerie au-dessus d’habitations le 3 mars 2026, dans la localité de Yohmor, dans le sud du Liban », affirme l’ONG dans un communiqué. HRW dit avoir « vérifié et géolocalisé sept images montrant des munitions au phosphore blanc » qui ont explosé « au-dessus d’une zone résidentielle » et des agents de la Défense civile intervenant pour éteindre un incendie touchant des maisons, « qui a probablement été causé par des morceaux de feutre imprégnés de phosphore blanc ».

Cette substance qui s’enflamme au contact de l’oxygène peut être utilisée pour créer des écrans de fumée et éclairer les champs de bataille. Mais elle peut également être utilisée comme arme incendiaire et provoquer des incendies, de graves brûlures, des lésions respiratoires, des défaillances d’organes et même la mort.

« L’utilisation illégale de phosphore blanc par l’armée israélienne sur des zones résidentielles est extrêmement alarmante et aura de graves conséquences pour les civils », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur à Human Rights Watch, cité dans le communiqué. « Israël devrait immédiatement arrêter cette pratique et les Etats qui fournissent des armes, y compris des munitions au phosphore blanc, devraient suspendre immédiatement l’aide militaire et les ventes d’armes » à ce pays, a-t-il ajouté.

Les autorités libanaises et HRW ont déjà accusé par le passé Israël d’avoir brûlé des régions boisées et des terres agricoles dans le sud en les bombardant au phosphore blanc. Ces précédents, notamment en 2023 et 2024 dans des zones frontalières du sud du pays, « ont mis les civils en grave danger et contribué au déplacement de civils », selon HRW.

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