
Renee Good, la mère de famille américaine de 37 ans tuée le 7 janvier à Minneapolis par un policier de l’immigration (ICE), présentait quatre blessures par arme à feu quand les services de secours sont arrivés, selon un rapport des pompiers dévoilé jeudi 15 janvier par The Minnesota Star Tribune et d’autres médias américains.
Selon ce rapport, Renee Good a été retrouvée avec deux blessures par balle au côté droit de la poitrine, une à l’avant-bras gauche et une « sur le côté gauche de la tête ». Les ambulanciers ont trouvé Renee Good inconsciente dans sa voiture, du sang sur le visage et le torse. Elle ne respirait pas et son pouls était « incohérent » et « irrégulier », selon le rapport cité par le quotidien local. Les pompiers ont tenté en vain de la réanimer sur place puis dans l’ambulance la transportant à l’hôpital, où son décès a été constaté.
Selon les transcriptions de la communication des services de secours, dont des extraits ont été publiés par plusieurs médias, un appelant au 911 (les services d’urgence) dit aux opérateurs : « Il y a 15 policiers de l’ICE. Ils lui ont tiré dessus parce qu’elle ne voulait pas ouvrir la porte de sa voiture ». « Envoyez une ambulance s’il vous plaît, une ambulance s’il vous plaît », dit une autre personne au 911.
Le Mexique réclame des explications
L’administration Trump soutient que le policier qui a tiré était en état de légitime défense. Jusqu’à présent, ce dernier n’a fait l’objet d’aucune poursuite ni suspension. Alors que la ville est sous tension depuis la mort de Renee Good, avec de nombreuses manifestations, la police de l’immigration a de nouveau fait parler d’elle, mercredi, en blessant par balle un ressortissant vénézuélien, un nouvel incident qui a déclenché de nouveaux affrontements entre protestataires et forces de l’ordre.
Jeudi, le président américain, Donald Trump, a menacé d’invoquer une loi d’exception, qui lui permettrait de déployer l’armée, si « les politiciens corrompus du Minnesota ne respectent pas la loi et ne s’emploient pas à empêcher les agitateurs professionnels et les insurgés d’attaquer » les agents de l’ICE.
Ce jour-là, le gouvernement mexicain a demandé des explications aux Etats-Unis pour la mort d’un de ses ressortissants alors qu’il était détenu par la police de l’immigration dans l’Etat de Géorgie (Sud). Le Washington Post a rapporté que la mort en détention d’un immigrant cubain de 55 ans serait probablement considérée comme un homicide, la « cause préliminaire du décès étant l’asphyxie due à une compression du cou et de la poitrine ».
Au moins quatre personnes sont mortes alors qu’elles étaient entre les mains de l’ICE depuis le début de 2026, et au moins 30 en 2025, l’année la plus meurtrière depuis la création de cette police en 2004, selon des statistiques officielles.


