Cinq ans après l’offre publique d’achat (OPA) hostile de Veolia sur Suez de 2021, les deux ennemis jurés de l’eau ont repris leur bataille, sur le terrain cette fois. Alors qu’une rocambolesque fuite de documents avait entaché, fin 2023, l’appel d’offres pour le renouvellement du contrat du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), remporté par Veolia, les deux groupes s’opposent frontalement dans l’Ouest francilien depuis quelques semaines.
Saisi par Veolia, le tribunal administratif de Versailles a annulé, le 24 février, l’appel d’offres que Suez avait remporté, un mois auparavant, pour la délégation de service public (DSP) de production et de distribution d’eau potable d’Aquavesc. Ce syndicat mixte regroupe 32 communes des Hauts-de-Seine et des Yvelines, dont Versailles, pour un total d’environ 520 000 habitants. Le contrat de DSP doit débuter le 1er janvier 2027, pour une durée de douze ans.
Selon les juges, la procédure ne respectait pas les règles d’égalité de traitement entre les compétiteurs. Elle prévoyait que le concessionnaire s’engage, pour toute la durée du contrat, à acheter des volumes minimums d’eau décarbonatée et de secours à Suez Eau France, lui-même candidat à l’appel d’offres. Cette « convention permet à Suez de réaliser un bénéfice qui l’avantage nécessairement pour la formulation de son offre », argumentait Veolia.
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