
« On est tombé de notre chaise », lâche d’emblée Patrice Bueso, le directeur des études de l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols), sorte de Cour des comptes des organismes HLM. En menant une étude sur dix ans au sujet de l’évolution du parc HLM, publiée mardi 17 mars, cet organisme de contrôle a découvert l’ampleur du décalage qui s’est installé entre la précarité croissante des demandeurs de logements sociaux et la montée en gamme du parc, avec des loyers plus élevés à la clé.
« La tendance n’était pas inconnue, mais les chiffres révèlent une réalité plus mordante », ajoute Serge Bossini, directeur général de l’Ancols. En 2023, 62 % des demandeurs de logements sociaux avaient des ressources inférieures aux plafonds fixés pour les logements dits très sociaux, appelés « PLAI » (parce que financés par le Prêt locatif aidé d’intégration, largement bonifié) et attribués aux demandeurs les plus précaires, qui étaient 57 % en 2016. Le tout alors que la file d’attente pour un HLM s’est allongée pour atteindre un record de 2,9 millions de postulants en 2025.
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