Vincent Jeanbrun, ministre du logement, à l’Elysée (Paris), le 25 janvier 2026.

Si le dispositif « Jeanbrun » de défiscalisation prévu dans le cadre du plan Relance logement, directement dérivé des lois Pinel (2015), Duflot (2013) et Scellier (2008), a pour ambition, en facilitant le financement de la promotion privée, d’augmenter le rythme des constructions de logements, il n’est pas exempt d’effets pervers. A commencer par la charge qu’il fait peser sur les gouvernements futurs, et donc indirectement sur les contribuables. Mais également un effet tout aussi préoccupant : la piètre qualité des logements produits.

A la différence d’un propriétaire qui achète pour habiter, ou d’un bailleur social dont l’emprunt court sur cinquante ou soixante ans, le bailleur privé n’a le plus souvent pas de lien direct avec le logement qu’il finance par le biais de ce dispositif. Sa localisation lui est indifférente, tout comme la taille des pièces, leur ensoleillement, la nature des matériaux de construction utilisés, l’esthétique de la façade…

Il n’a pas de raison non plus de venir à la livraison des travaux et laisse donc les coudées franches au promoteur pour lever les réserves aussitôt que possible. Pas non plus d’assister aux réunions de copropriétaires, de veiller à l’entretien de son bien : son investissement est un produit financier qui lui procure pendant neuf ans un avantage fiscal. A l’issue de cette période, il ne sera plus rentable et son intérêt sera alors de le revendre.

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