Est-ce la fin de la lune de miel entamée en 2017 entre les investisseurs américains et la France ? Le baromètre annuel, réalisé depuis vingt-six ans pour le compte de la Chambre de commerce américaine en France (AmCham), témoigne en tout cas d’une érosion de la confiance des entreprises d’outre-Atlantique installées dans l’Hexagone. Instabilité politique, atermoiements budgétaires, morosité économique, réglementations et normes excessives, les sujets d’agacement ne manquent pas.

Les dirigeants d’entreprise qui ont répondu à l’enquête, soit 140 entreprises sur les 1 500 sociétés américaines présentes en France, « donnent l’impression qu’une énorme partie des efforts remarquables faits après 2017 sont gommés », se désole Marc-André Kamel, vice-président de l’AmCham et consultant chez Bain & Company, le cabinet qui a réalisé l’étude. Sur fond de tensions croissantes entre les Etats-Unis et l’Europe, la perception des atouts de la France s’est effondrée. Seuls 30 % des dirigeants américains disent avoir une opinion positive, voire très positive du pays dans lequel ils sont installés – en 2022, lorsque les relations étaient au beau fixe, ce chiffre était de 64 %.

Les Américains estiment à 94 % que l’environnement politique et institutionnel français « pourrait présenter des risques modérés ou significatifs » et 77 % n’ont pas confiance « en la capacité du gouvernement à engager les réformes structurelles jugées nécessaires ». Le fait que l’enquête ait été menée entre mi-décembre 2025 et janvier 2026, alors que le débat budgétaire n’avait pas encore été tranché par le recours au 49.3, joue peut-être dans cette image dégradée.

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En contrepoint, l’Allemagne, jugée meilleure gestionnaire de ses deniers publics, est remontée dans le cœur des patrons américains, tout comme l’Italie, louée pour ses réformes structurelles, et l’Espagne – la vitalité économique du pays dirigé par le socialiste Pedro Sanchez étant un puissant argument aux yeux des investisseurs.

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