Lille a été choisie, mercredi 25 mars, pour accueillir le siège de la future Autorité douanière de l’Union européenne (UE), face à huit autres villes candidates. « Fier de cette victoire collective : élus, entreprises, universités, une mobilisation exemplaire de tout le territoire », s’est félicité le maire de Lille, Arnaud Deslandes, sur le réseau social X. Et d’ajouter : « Notre position au carrefour de l’Europe, notre ambition : tout nous désignait. »
« Des emplois. Du rayonnement. Et une nouvelle fois, la preuve que les Hauts-de-France sont au cœur de l’Europe », a salué, de son côté, Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France. Quant au président de la République, Emmanuel Macron, il a également salué sur X : « C’est le choix d’une métropole ouverte et pleinement européenne, une fierté pour la France. Nous serons au rendez-vous. »
La métropole du nord de la France, chef-lieu de la région des Hauts-de-France, était en concurrence avec Rome, finaliste, ainsi que Varsovie, Zagreb, Bucarest, La Haye, Liège, Porto et Malaga. La décision a été prise conjointement par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, l’instance qui représente les 27 Etats membres, par une procédure spéciale. Le Conseil et le Parlement européen avaient chacun présélectionné Lille et Rome, sans se concerter.
Il a fallu ensuite trois tours de scrutin pour les départager. Des auditions s’étaient déroulées à la fin de janvier au Parlement européen pour aider à départager les candidatures. Celle de Lille avait été défendue à cette occasion par l’ex-ministre des comptes publics Amélie de Montchalin et Xavier Bertrand. La ville prend ainsi sa revanche après avoir vu lui échapper l’Autorité européenne du médicament en 2017.
Situation géographique privilégiée
« C’est un choix judicieux », a estimé l’eurodéputé néerlandais Dirk Gotink (PPE, droite), l’un des représentants du Parlement dans cette procédure. « La France est l’un des principaux pays douaniers d’Europe, un colis sur trois entrant dans l’UE transite par son territoire. La situation stratégique de Lille, au carrefour de l’Europe, en fait le centre névralgique de cette autorité. Ce choix envoie un signal clair : la France jouera un rôle central dans l’avenir de notre union douanière », a-t-il souligné dans un communiqué.
L’Autorité douanière de l’UE (également connue sous son acronyme anglais EUCA) doit voir le jour en 2028. Sa création est l’un des principaux éléments de la réforme du système douanier européen, avec une nouvelle plateforme des données douanières, qui centralisera les informations des 27 Etats membres.
Selon les propositions de la Commission européenne, la future agence devrait employer 250 personnes en équivalent temps plein d’ici à 2034. Elle aidera à moderniser les procédures de contrôle et de taxation des biens importés dans l’UE, alors que les services douaniers européens sont de plus en plus engorgés par l’afflux de colis de faible valeur en provenance de Chine.
L’autorité sera installée dans un bâtiment du quartier d’affaires d’Euralille, à deux pas des gares de Lille-Flandres et Lille-Europe. La France avait fait valoir la situation géographique privilégiée de la capitale des Hauts-de-France, située « au carrefour des grandes routes de la logistique et du commerce international européen », et à une demi-heure de Bruxelles, des institutions européennes et de l’Organisation mondiale des douanes.


