Thomas Meunier (à gauche) et Emiliano Buendia, lors du match Lille-Aston Villa, au stade Pierre-Mauroy, à Villeneuve-d'Ascq (Nord), le 12 mars 2026.

Toujours aussi peu inspiré en attaque et pénalisé par des erreurs défensives, Lille s’est incliné contre Aston Villa (1-0), en Ligue Europa, jeudi 12 mars, à Villeneuve-d’Ascq, ce qui le place en mauvaise posture avant le huitième de finale retour dans une semaine.

Il n’y a pas eu de miracle ni le déclic qu’on attend souvent des équipes en plein marasme : le LOSC a été fidèle à ce qu’il avait produit ces derniers temps, en étant en grande difficulté dans le domaine offensif.

Aussi, le club nordiste s’est laissé aller à des erreurs qui ne pardonnent pas : Chancel Mbemba, d’abord, incapable de battre Emiliano Buendia de la tête alors qu’il est plus grand et plus costaud que l’attaquant argentin ; puis une autre de Berke Ozer, très mal placé au point d’être lobbé par une tête lointaine d’Ollie Watkins (61ᵉ).

Dans un stade Pierre-Mauroy moins rempli que contre Lorient dimanche, Lille est donc bien mal parti dans sa revanche du quart de finale de Ligue Conférence qui l’avait opposé aux Villans il y a deux ans. Ce soir d’avril 2024, le gardien Emiliano Martinez d’Aston Villa avait été l’antihéros de cette tragédie lilloise en menant le club de Birmingham à la victoire aux tirs au but, tout en provoquant le public de Villeneuve-d’Ascq.

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Ennemi du football français depuis le sacre de l’Argentine aux dépens de la France lors du dernier Mondial, et surtout ses provocations envers Kylian Mbappé dans la foulée, « Dibu » était déjà au cœur de l’avant-match.

Sur leur chemin vers le stade, de nombreux supporters anglais ont chanté tout leur amour pour le portier de 33 ans, notamment sur l’air de « Zombie » du groupe irlandais The Cranberries, quand, quelques mètres plus loin, des Nordistes s’y mettaient à plusieurs pour l’insulter. Puis, comme on pouvait s’y attendre, au stade, les spectateurs ont réservé un accueil hostile à Martinez, le conspuant à la moindre prise de balle et lançant parfois des chants insultants. Mais cette fois, il n’a pas été l’antagoniste des Lillois, juste un spectateur de leur manque d’allant offensif.

Il a fallu attendre la toute fin de la première période pour voir les Dogues en action, par leur buteur Olivier Giroud, dont la tête est passée à côté après un une-deux entre Benjamin André et Tiago Santos (43ᵉ). Une minute plus tard, Martinez s’est déployé pour détourner une tentative lointaine de Romain Perraud. Ce fut à peu près tout lors du premier acte, où Lille a manqué de combinaisons offensives, de prises d’initiative et de risque dans le jeu.

Les joueurs de Bruno Genesio ont en plus subi la sortie à la mi-temps de leur capitaine Benjamin André, qui s’est blessé seul lors d’un corner. Dès le retour des vestiaires, Gaëtan Perrin s’est blessé à son tour (52ᵉ). Des scènes annonciatrices d’une soirée compliquée, au même titre que les frissons dans la défense lilloise dès lors que les joueurs d’Unai Emery cherchaient la profondeur, pour exploiter une faiblesse évidente de la charnière centrale : le manque de vitesse.

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C’est d’ailleurs d’un long ballon vers l’avant d’Ezri Konsa que le but de Villa est venu. Les joueurs de Birmingham auraient même pu accroître leur avantage, si la frappe d’Amadou Onana n’avait pas heurté l’équerre des cages lilloises (65ᵉ), ou si Watkins ne s’était pas emmêlé les pinceaux dans son duel avec Ozer (68ᵉ).

En face, il n’y a pas vraiment eu de réaction nordiste, si ce n’est cette belle action individuelle de Matias Fernandez-Pardo (75ᵉ), qui a obligé Martinez à s’employer. Le signe que Lille n’est pas en forme.

Lyon garde espoir

En supériorité numérique dès la 55ᵉ minute, les Lyonnais ont eux arraché le match nul (1-1) au forceps à Vigo (Espagne) grâce à l’insistance de sa pépite brésilienne Endrick. L’obsession pour le but du jeune crack prêté par le Real Madrid a fini par payer pour éviter un nouveau revers aux Lyonnais, et maintenir leurs espoirs d’épopée européenne.

L’attaquant brésilien de 19 ans, bien aidé par une faute de main du gardien adverse Ionu Radu, a fini par faire mouche au bout de sa sixième tentative (87ᵉ, 1-1), inscrivant son premier but pour sa première apparition en C3.

Ce coup de patte gauche d’Endrick – et cette boulette digne de l’Espagnol Luis Arconada face à Michel Platini en finale de l’Euro 1984 – permet à l’OL d’aborder le match retour dans une bonne position. Ce qui n’est, quand même, pas trop mal, compte tenu de ses difficultés actuelles (cinq rencontres sans victoire toutes compétitions confondues).

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Malgré sa série noire, l’OL, brillant premier de la phase de Ligue, arrivait en Galice avec un statut à défendre, mais peut-être pas toutes les armes, ni l’énergie et la confiance nécessaires pour l’assumer. Il repartira de la côte ouest espagnole en ayant souffert, mais aussi en se disant qu’il avait la possibilité de faire un vrai pas vers les quarts, surtout après plus d’une heure à onze contre dix.

Car avant l’expulsion de son buteur Borja Iglesias (54ᵉ), le Celta, véritable poil à gratter du championnat espagnol, a confirmé qu’il pouvait rivaliser avec n’importe qui. Et qu’il méritait, lui aussi, sa place en huitièmes.

Les Gones, eux, n’ont pas fait grand chose offensivement à part multiplier les centres, repoussés systématiquement sur la défense adverse. Leur punition fut immédiate, sur une contre-attaque d’école épatante de justesse technique conclue par le latéral droit Javi Rueda qui a échappé à la vigilance d’Abner Vinicius (25ᵉ, 1-0).

Titularisé pour la première fois chez les professionnels, le jeune Steeve Kango, 19 ans, pris de vitesse sur cette action, a tenté de se rattraper en débordant sur son aile droite, mais il a été repris de justesse par l’ex-Barcelonais Oscar Mingueza (28ᵉ).

L’OL, sauvé par une bonne sortie de Greif dans les pieds d’Iglesias (33ᵉ), expulsé ensuite pour un coup de coude au duel avec Clinton Mata (55ᵉ), s’en est ensuite remis quasi-exclusivement au talent d’Endrick pour faire la différence. Il a cependant manqué quelques centimètres au jeune buteur, d’abord d’une frappe sèche du pied gauche venue mourir dans le petit filet extérieur (30ᵉ), puis sur un bon centre de Tyler Morton (39ᵉ).

Endrick, obsédé par le but qu’il cherchait depuis plus d’un mois, a tenté le coup à nouveau en deuxième mi-temps, mais ses tentatives ont été repoussées par Radu (52ᵉ) puis Matias Vecino (60ᵉ). C’est, assez ironiquement, lorsqu’il a décidé de centrer au lieu de tirer que Roman Yaremchuk est passé le plus proche de tromper Radu (76ᵉ), alors que Kango avait trouvé le poteau (73ᵉ). Il aura, au final, eu raison d’insister. Car c’est pour faire la différence dans ces moments-là qu’il est venu.

Victoire de Strasbourg en Ligue Conférence

De leur côté, s’ils sont au ralenti en Ligue 1, les Strasbourgeois ont continué leur parcours européen sans accroc en allant s’imposer 2-1 en Croatie face à Rijeka, en huitième de finale aller de Ligue Conférence.

Les Alsaciens, comme souvent cette saison en C4 (désormais six victoires et un nul), ont souffert mais ont fini par l’emporter. Grâce à une entame de match parfaite, le Racing a marqué dès sa première occasion par son buteur attitré Joaquin Panichelli, auteur de son 18ᵉ but de la saison toutes compétitions confondues. Il lui aura suffi de seulement une minute et douze secondes de jeu, soit le but le plus rapide de la saison en C4.

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Le Monde avec AFP

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