Frappes israéliennes à Sour, dans le sud du Liban, le 7 mars 2026.

Human Rights Watch (HRW) a accusé Israël, lundi 9 mars, d’avoir utilisé « illégalement » du phosphore blanc sur des zones habitées dans le sud du Liban juste après le début de son offensive contre le Hezbollah.

« L’armée israélienne a illégalement utilisé des munitions au phosphore blanc tirées à l’artillerie au-dessus d’habitations le 3 mars 2026, dans la localité de Yohmor, dans le sud du Liban », a affirmé l’ONG dans un communiqué. HRW dit avoir « vérifié et géolocalisé sept images montrant des munitions au phosphore blanc » qui ont explosé « au-dessus d’une zone résidentielle » et des agents de la défense civile libanaise intervenant pour éteindre un incendie touchant des maisons « qui a probablement été causé par des morceaux de feutre imprégnés de phosphore blanc ».

L’armée israélienne « n’est actuellement pas au courant et ne peut confirmer l’utilisation d’obus contenant du phosphore blanc au Liban, comme cela a été affirmé », a-t-elle déclaré en réponse. Elle a précisé que sa politique consistait à ne pas utiliser d’obus contenant du phosphore blanc « dans des zones densément peuplées, sauf dans certains cas ».

Cette substance, qui s’enflamme au contact de l’oxygène, peut être utilisée pour créer des écrans de fumée et éclairer les champs de bataille. Mais elle peut également être utilisée comme arme incendiaire et provoquer des incendies, de graves brûlures, des lésions respiratoires, des défaillances d’organes et même la mort.

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« Graves conséquences »

Dimanche, l’Agence nationale de l’information (NNA) a par ailleurs rapporté qu’Israël avait « ciblé Tal Nahas et Khiam [deux autres localités frontalières] avec des tirs d’artillerie et des bombardements au phosphore ».

« L’utilisation illégale de phosphore blanc par l’armée israélienne sur des zones résidentielles est extrêmement alarmante et aura de graves conséquences pour les civils », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur à Human Rights Watch, cité dans le communiqué. « Israël devrait immédiatement arrêter cette pratique, et les Etats qui fournissent des armes, y compris des munitions au phosphore blanc, devraient suspendre immédiatement l’aide militaire et les ventes d’armes » à ce pays, a-t-il ajouté.

Les autorités libanaises et HRW ont déjà accusé par le passé Israël d’avoir brûlé des régions boisées et des terres agricoles dans le sud du pays en les bombardant au phosphore blanc. Ces précédents, notamment en 2023 et 2024, « ont mis les civils en grave danger et contribué au déplacement de civils », selon HRW.

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Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre régionale par une attaque du Hezbollah pro-iranien contre Israël, entraînant des représailles israéliennes massives. Depuis, l’armée israélienne a appelé à plusieurs reprises les habitants à évacuer immédiatement une vaste partie du sud du Liban, où vivent des centaines de milliers de civils.

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En février, Beyrouth a également accusé Israël d’avoir pulvérisé du glyphosate, un herbicide controversé, du côté libanais de la frontière, et s’est inquiété des dégâts sur les terres agricoles et sur la population à long terme.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le Liban dénonce une attaque israélienne au glyphosate dans le sud du pays

Le Monde avec AFP

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