
Les mots ont été durs, ces derniers jours entre insoumis et socialistes. Néanmoins, le coordinateur national de La France insoumise (LFI) Manuel Bompard a appelé dimanche 8 mars à « un front antifasciste » et à des « fusions techniques » des listes de gauche au second tour des élections municipales. Et ce pour empêcher la victoire de candidats de la droite et du Rassemblement national.
Interrogé dans l’émission « Dimanche en politique », sur France 3, M. Bompard a estimé que ces accords ne déboucheraient pas nécessairement, en cas de victoire, sur une gestion commune des villes.
« Je pense qu’il est de la responsabilité de la gauche de se rassembler au second tour », a-t-il dit. « On n’est pas toujours d’accord sur les propositions programmatiques qui sont faites, et donc ça veut dire qu’on ne s’engage pas à participer à la gestion de la ville aux côtés des autres », a-t-il expliqué. « Mais ça veut dire qu’on organise en quelque sorte un front antifasciste au second tour de l’élection », a-t-il ajouté. « C’est le principe de ce qu’on a appelé “fusion technique” », a-t-il précisé.
Les règles des élections municipales prévoient que les listes qui ont obtenu plus de 10 % des voix au premier tour peuvent se maintenir au second. A partir de 5 %, elles peuvent aussi organiser une fusion avec une autre liste.
« Franchissement de l’inacceptable »
Les alliances de second tour à gauche sont devenues un des enjeux de ces élections municipales car les relations entre PS et LFI ont atteint des sommets de tension.
« Jean-Luc Mélenchon dessert la cause qu’il prétend défendre », a encore déploré le premier secrétaire du PS Olivier Faure dans une interview au Parisien. « Le fait de renouer avec des troupes antisémites qu’on pensait inimaginables à gauche a été pour nous le franchissement de l’inacceptable », a-t-il insisté. Jean-Luc Mélenchon a suscité des commentaires indignés en ironisant sur les noms à consonance juive de l’eurodéputé Raphaël Glucksmann et du pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
François Hollande a lui demandé dimanche aux candidats socialistes de ne pas faire de « compromissions » avec LFI au second tour des municipales. Interrogé au Grand Jury RTL-Public Sénat-Le Figaro-M6 sur de possibles accords PS-LFI le 22 mars, l’ancien président socialiste a rappelé clairement sa position : « au deuxième tour, il ne peut pas y avoir d’alliance entre les socialistes et LFI ». « Une partie de nos électeurs ne nous suivraient pas. Et donc, ce qu’on imaginerait gagner d’un côté, on le perdrait de l’autre et on le perdrait durablement », a-t-il affirmé. « Il faut accepter un certain nombre de risques (et accepter) de se dire “qu’est-ce qui est le plus important aujourd’hui ?” C’est la clarté. (…)C’est la préparation de l’élection présidentielle et de se dire ça peut avoir quelques conséquences locales », a-t-il justifié.
Manuel Bompard a dénoncé dimanche « une cabale malhonnête » contre LFI et jugé la position du PS « irresponsable ».
Le premier tour des élections municipales a lieu le 15 mars, le second est prévu une semaine plus tard.


