Au sens propre comme au sens figuré, le ciel est tombé sur la tête des salariés de Fibre Excellence. C’est sous une pluie battante qu’ils ont manifesté samedi 14 février, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), contre une possible fermeture imminente de leur établissement. Le fabricant de pâte à papier envisage en effet de cesser à la mi-mars l’activité de ses deux usines françaises – la haut-garonnaise et celle de Tarascon (Bouches-du-Rhône) – si l’Etat n’augmente pas le prix d’achat de l’électricité produite par les deux sites. Cet ultimatum, annoncé le 21 janvier lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, pourrait entraîner la suppression de 600 emplois.
« Je sentais bien que l’entreprise n’allait pas bien. Mais de là à annoncer une date de liquidation des usines et du groupe. On a pris un coup de massue », a admis Sébastien Oustric, le délégué syndical CGT qui a appelé à la mobilisation dans les rues de la sous-préfecture. « On veut sauver nos emplois et montrer qu’on est toujours là », a expliqué ce salarié entré il y a une trentaine d’années à « La Cellulose », comme il l’appelle encore.
Paul, un employé qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, est venu gonfler les rangs de cette deuxième manifestation. La première, c’était le 31 janvier. « Etre là est une nécessité », a assuré cet homme de 50 ans pour qui la fermeture de l’usine, premier employeur privé de la ville située à moins d’une heure de route de Toulouse, est « inenvisageable ». « Car, si c’est le cas, c’est mort pour moi. Je ne pourrai pas retrouver un emploi, ici. Je devrai recommencer ma vie ailleurs et laisser mes deux enfants à mon ex-conjointe, elle aussi salariée de l’entreprise. »
Revente d’électricité
Pour Fibre Excellence, la production de pâte à papier blanchie (essuie-tout, feuille de papier…) et écrue (carton d’emballage) est quasi à l’équilibre en 2025. Ce qui plombe les comptes du groupe, en revanche, c’est la revente d’électricité : cette activité complémentaire accuse une perte de 30 millions d’euros en 2025. Or, en 2024, l’entreprise avait dégagé un chiffre d’affaires de 357 millions d’euros, dont un peu plus de 11 % (soit environ 40 millions), liés à la vente d’électricité.
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