Une crise s’amorce-t-elle sur les fonds de dette privée en Europe ? Ce marché, estimé à plus de 2 000 milliards de dollars [environ 1 738 milliards d’euros] d’actifs dans le monde, vise à octroyer des prêts complexes à des entreprises grâce à des capitaux levés via des fonds d’investissement. Après des années d’euphorie, les institutionnels (fonds de pension, mutuelles, fonds d’investissement…), investisseurs historiques des actifs privés – ceux non cotés, regroupant notamment le private equity (l’investissement dans le non-coté) et la private debt (la « dette privée ») –, ont commencé à se retirer.
Il s’agissait, pour ces investisseurs, de contrôler à la fois leur exposition à ces marchés, mais aussi de revoir leur stratégie d’investissement dans une conjoncture mouvante. Pour trouver un second souffle, les gérants des fonds de dette privée se sont donc tournés à marche forcée vers les particuliers, prônant la « démocratisation » de cette classe d’actifs pourtant illiquide et risquée. Quitte à devoir gérer de soudaines demandes de ventes de parts, comme récemment outre-Atlantique.
Tout a commencé fin 2025 quand, coup sur coup, trois gros fonds américains de crédit privé aux entreprises ont dû faire face à des demandes massives de sortie de leurs porteurs de parts.
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