Face à ce qu’il appelle un « tsunami commercial » venu de Chine et à l’imprévisibilité croissante des Etats-Unis, le président français Emmanuel Macron a exhorté l’Europe à devenir « une véritable puissance géopolitique et économique », capable de défendre sa sécurité économique et sa compétitivité à long terme. Mais un élément crucial manque à cette vision : les droits humains.
Les débats européens sur la « concurrence déloyale » de la Chine se concentrent souvent sur les subventions d’Etat ou la politique industrielle. Mais le modèle économique chinois repose également sur un ensemble de violations des droits humains qui permet aux autorités de remodeler des secteurs économiques et d’exercer une pression considérable sur des communautés, avec un minimum de résistance.
La Chine est la seule grande économie industrielle à interdire les syndicats indépendants. Quiconque tente d’organiser les travailleurs risque arrestation et emprisonnement. En raison du système chinois d’« enregistrement des ménages », plus d’un tiers de la population active sont des travailleurs migrants, des citoyens de seconde zone privés d’un accès égal aux services publics.
Ces 300 millions de personnes — soit plus que l’ensemble de la population active de l’Union européenne — n’ont guère d’autre choix que d’accepter des emplois sous-payés et souvent précaires. Au Xinjiang, les autorités soumettent les Ouïgours et d’autres travailleurs musulmans turciques au travail forcé.
Poursuites et peines de prison
En Chine, les autorités locales peuvent s’emparer de force de terres rurales, déplacer des villageois et autoriser des projets d’infrastructures colossaux sans consultation publique ni contraintes juridiques effectives. Les personnes qui contestent ces actions – que ce soit des entrepreneurs milliardaires ou des villageois en colère – risquent des poursuites et de longues peines de prison. Les tribunaux contrôlés par le Parti communiste chinois ne servent pas à contrebalancer efficacement le pouvoir face à l’Etat, mais à le renforcer.
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